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La Guinée fait du capital africain le levier de son industrialisation

La rencontre entre le président guinéen Mamadi Doumbouya et le président du BUA Group, Abdul Samad Rabiu, s'inscrit dans la stratégie de transformation économique engagée par la Guinée. À travers le programme Simandou 2040, les autorités veulent attirer des investisseurs capables de développer des industries locales, de créer davantage de valeur ajoutée et d'accompagner la modernisation des infrastructures. L'intérêt manifesté par le groupe nigérian intervient alors que le pays met en œuvre l'un des plus importants programmes de développement économique du continent.

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L’audience accordée par le président Mamadi Doumbouya au fondateur du BUA Group dépasse le cadre d’une rencontre institutionnelle. Elle intervient à un moment où la Guinée cherche à transformer son potentiel minier en levier de développement industriel. Selon les autorités guinéennes, le programme Simandou 2040 doit servir de cadre à cette transformation en mobilisant les investissements dans les infrastructures, l’industrie, l’énergie, l’agriculture et le capital humain. Les équipes techniques des deux parties ont été chargées d’engager les discussions afin d’identifier les projets susceptibles d’être développés en Guinée.

Le capital africain au service de la transformation industrielle

En recevant Abdul Samad Rabiu, le président Mamadi Doumbouya a réaffirmé que la Guinée privilégiait désormais des investisseurs capables de transformer localement les ressources naturelles. Cette orientation s’appuie sur les atouts économiques du pays. Selon le gouvernement guinéen, la Guinée détient près de 25 % des réserves mondiales de bauxite, soit plus de 7 milliards de tonnes, ce qui en fait le premier détenteur mondial de cette ressource. Le pays possède également le gisement de Simandou, estimé à plus de 2 milliards de tonnes de minerai de fer à haute teneur (plus de 65 % de fer). La stratégie des autorités consiste à utiliser ces ressources pour développer une base industrielle nationale plutôt que de limiter leur exploitation à l’exportation de matières premières.

Simandou 2040, un programme qui dépasse le secteur minier

Selon le gouvernement, Simandou 2040 est conçu comme un programme de développement économique de long terme et non comme un simple projet minier. Le développement du gisement s’accompagne de la construction d’un chemin de fer d’environ 600 kilomètres, d’un port minéralier en eau profonde ainsi que de nouvelles infrastructures énergétiques et logistiques. Les investissements liés au complexe minier et aux infrastructures sont estimés à plus de 15 milliards de dollars, soit environ 8 700 milliards de FCFA. À terme, la capacité de production de Simandou devrait atteindre 120 millions de tonnes de minerai de fer par an, ce qui placerait la Guinée parmi les principaux producteurs mondiaux. Les autorités considèrent ce projet comme le principal moteur de la transformation économique du pays.

Le BUA Group présente un profil industriel en adéquation avec cette stratégie

Le choix d’engager des discussions avec le BUA Group s’explique par le profil industriel du groupe nigérian. Selon les données publiées par l’entreprise, BUA dispose d’une capacité de production de ciment d’environ 17 millions de tonnes par an, avec un objectif de 20 millions de tonnes grâce aux investissements en cours. Le groupe est également présent dans les secteurs du sucre, de la farine, de l’agroalimentaire, des infrastructures, de l’immobilier et de l’industrie lourde. Cette diversification correspond aux secteurs que la Guinée souhaite développer afin de renforcer la transformation locale de ses ressources naturelles et de créer davantage de valeur ajoutée sur son territoire.

Des ambitions économiques de long terme

Selon le programme officiel Simandou 2040, les autorités ambitionnent de mobiliser jusqu’à 200 milliards de dollars d’investissements d’ici 2040, de créer plus de 5 millions d’emplois, de réduire de 50 % le taux de pauvreté et de positionner la Guinée parmi les 50 premières économies mondiales. La Banque mondiale et la Société financière internationale (SFI) accompagnent également les autorités dans les réformes destinées à améliorer le climat des affaires, accélérer les investissements structurants et renforcer le secteur privé.

La rencontre entre Mamadi Doumbouya et Abdul Samad Rabiu illustre la volonté des autorités guinéennes de faire des investissements africains un levier de leur politique industrielle. Les discussions engagées avec le BUA Group s’inscrivent dans la mise en œuvre du programme Simandou 2040, qui vise à utiliser les ressources minières comme moteur du développement des infrastructures, de l’industrie et de l’économie nationale. Les prochaines étapes dépendront de la concrétisation des projets qui seront retenus par les équipes techniques des deux parties.

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