La pièce maîtresse de cette transformation est la centrale West African Energy (WAE), une infrastructure de 360 MW qui deviendra la plus puissante du parc de production de la Senelec. À elle seule, elle représentera près du quart de la capacité installée du pays. Au-delà de sa puissance, ce projet marque une étape importante dans la volonté du Sénégal de substituer progressivement les combustibles pétroliers importés par le gaz naturel, une ressource désormais disponible grâce aux découvertes offshore réalisées ces dernières années.
Une transition énergétique engagée malgré les retards
Initialement, la centrale devait être alimentée par le gaz du projet Yakar-Téranga. Le retard pris dans le développement de ce gisement a toutefois conduit les autorités à adopter une solution transitoire. Dans un premier temps, la centrale fonctionne au gasoil, un combustible plus onéreux. En parallèle, la Senelec a conclu un partenariat pour importer du gaz naturel liquéfié (GNL) via un terminal gazier en cours d’aménagement au port de Dakar. Une station provisoire de regazéification permettra d’assurer l’approvisionnement en attendant la mise en service du pipeline définitif reliant le port aux principales centrales électriques, prévue en 2027.
Le champ GTA au cœur du futur énergétique
La stratégie sénégalaise ne s’arrête pas à West African Energy. Une autre centrale à gaz est en construction à Gandon, près de Saint-Louis. Alimentée par le gaz du champ Grand Tortue Ahmeyim (GTA), développé conjointement par le Sénégal et la Mauritanie, cette infrastructure disposera d’une capacité initiale de 250 MW, avant une extension prévue à 500 MW. Les premiers essais techniques sont attendus au cours du dernier trimestre de l’année.
Le gouvernement prévoit également une nouvelle centrale de 250 MW au Cap des Biches, renforçant ainsi le rôle du gaz dans le futur mix énergétique national.
Réduire le coût de production pour alléger la facture
L’objectif principal de cette politique est économique. En remplaçant progressivement le fioul et le gasoil par le gaz naturel, le Sénégal entend réduire significativement le coût de production de l’électricité.
Le pays dispose actuellement d’une puissance installée d’environ 2 260 MW, dont près de 25 % proviennent des énergies renouvelables (solaire, éolien et hydraulique). Avec l’entrée en service des nouvelles centrales à gaz, les autorités espèrent produire une électricité plus compétitive, capable de soutenir le développement industriel tout en améliorant l’accès des ménages à une énergie plus abordable.
Une souveraineté énergétique en construction
Au-delà des économies attendues sur la facture énergétique, cette transition s’inscrit dans une stratégie plus large de souveraineté énergétique. L’exploitation des ressources gazières nationales doit permettre au Sénégal de réduire sa dépendance aux importations de combustibles, de sécuriser son approvisionnement électrique et d’accompagner la croissance de la demande en énergie.
L’arrivée progressive du gaz sénégalais dans les centrales électriques constitue ainsi l’un des leviers majeurs de la transformation économique du pays, avec l’ambition de concilier sécurité énergétique, compétitivité industrielle et amélioration du pouvoir d’achat des consommateurs.
Quelques chiffres clés :
- ⚡ 2 260 MW de puissance électrique installée au Sénégal.
- 🌱 25 % de cette capacité provient déjà des énergies renouvelables.
- 🔥 Plus de 860 MW de nouvelles capacités à gaz sont programmées avec Gandon, WAE et Cap des Biches.
