Prometal Gabon

Gazoduc Nigeria–Maroc : la CEDEAO officialise son soutien à un projet énergétique de 25 milliards de dollars reliant 13 pays.

Les États membres de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) ont signé un accord intergouvernemental en faveur du gazoduc atlantique Nigeria–Maroc, une infrastructure estimée à 25 milliards de dollars (environ 14 300 milliards de FCFA). Long de près de 6 900 kilomètres, le projet vise à transporter le gaz naturel nigérian à travers 13 pays ouest-africains jusqu'au Maroc, tout en renforçant les échanges énergétiques régionaux et les capacités d'exportation vers l'Europe.

5 Min Lecture

Suivez-nous sur nos chaînes   chaîne Telegram Invest-Time chaîne WhatsApp Invest-Time chaîne TikTok Invest-Time

Une nouvelle étape institutionnelle vient d’être franchie dans le développement du gazoduc Nigeria–Maroc. Réunis à Freetown, en Sierra Leone, les États membres de la CEDEAO ont signé un accord intergouvernemental marquant leur soutien officiel à cette infrastructure énergétique stratégique. Ce texte établit le cadre juridique de la coopération entre les pays concernés et confirme l’engagement régional en faveur de la réalisation du projet, porté conjointement par les gouvernements du Nigeria et du Maroc ainsi que par leurs compagnies nationales d’hydrocarbures.

La CEDEAO renforce le cadre juridique du projet

L’accord intergouvernemental signé à Freetown constitue une étape importante dans la structuration du projet. Il définit les principes de coopération entre les États traversés par le futur gazoduc et facilite la coordination des procédures réglementaires, foncières et techniques.

Le gazoduc reliera les importantes réserves de gaz naturel du Nigeria au Maroc en longeant la façade atlantique de l’Afrique de l’Ouest. Son tracé traversera 13 pays, notamment le Bénin, le Togo, le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Libéria, la Sierra Leone, la Guinée, la Guinée-Bissau, la Gambie, le Sénégal, la Mauritanie et le Maroc, avant une éventuelle connexion avec le réseau gazier européen via l’Espagne.

Selon les autorités marocaines et nigérianes, un accord spécifique impliquant la Mauritanie doit encore être conclu afin de compléter le dispositif juridique.

Une infrastructure de 25 milliards de dollars sur près de 6 900 kilomètres

Le gazoduc Nigeria–Maroc représente un investissement estimé à 25 milliards de dollars, soit environ 14 300 milliards de FCFA.

Avec une longueur d’environ 6 900 kilomètres, il figure parmi les plus grands projets d’infrastructures énergétiques actuellement développés sur le continent africain.

Les promoteurs indiquent que les études de faisabilité ainsi que les études d’ingénierie préliminaire (FEED) ont déjà été achevées. Ces travaux ont permis de définir les caractéristiques techniques du projet ainsi que son tracé.

La réalisation de l’ouvrage est prévue par phases afin de faciliter le financement et la construction des différentes sections.

Un projet destiné à renforcer les marchés gaziers régionaux

Selon les informations publiées par l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) du Maroc, le futur gazoduc permettra d’approvisionner les pays traversés en gaz naturel pour leurs besoins domestiques et industriels.

Le projet prévoit également une connexion avec les infrastructures gazières existantes du Maroc, ouvrant la possibilité d’exporter une partie du gaz vers le marché européen grâce aux interconnexions déjà établies entre le Maroc et l’Espagne.

D’après la Compagnie nationale nigériane des hydrocarbures (NNPC Limited), cette infrastructure doit également favoriser l’accès à une source d’énergie destinée à la production d’électricité, aux activités industrielles ainsi qu’au développement des marchés régionaux du gaz.

Une coopération énergétique soutenue par les institutions régionales

Le projet bénéficie de l’appui de plusieurs institutions africaines et régionales.

La CEDEAO considère cette infrastructure comme un levier de renforcement de l’intégration énergétique en Afrique de l’Ouest.

De son côté, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, à travers ses programmes énergétiques régionaux, soutient le développement des interconnexions destinées à améliorer les échanges d’électricité et de gaz entre les États membres.

Le projet s’inscrit également dans la stratégie énergétique du Maroc et dans la politique de valorisation des importantes réserves de gaz naturel du Nigeria, qui atteignent environ 209 000 milliards de pieds cubes (Tcf) de réserves prouvées, selon les données officielles de la NNPC Limited et de la Nigerian Upstream Petroleum Regulatory Commission (NUPRC).

La signature de l’accord intergouvernemental par les États membres de la CEDEAO marque une nouvelle avancée institutionnelle pour le gazoduc Nigeria–Maroc. Estimée à 25 milliards de dollars et longue de 6 900 kilomètres, cette infrastructure entre désormais dans une phase de coopération régionale renforcée après l’achèvement des études techniques préliminaires. Les prochaines étapes porteront notamment sur la finalisation des accords restants, la mobilisation des financements et le lancement progressif des travaux.

Pour en savoir plus...

Explorez des contenus similaires sur les mots clés :