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Apurement de la dette flottante : le Cameroun annonce plus de 463 milliards de FCFA déjà réglés

Dans un communiqué publié le 29 mai 2026, le ministère camerounais des Finances dresse un état des lieux de l’opération d’apurement de la dette flottante de l’État et de ses démembrements. Sur un montant total audité et validé de 752,1 milliards de FCFA au titre de la période 2000-2019, plus de 463 milliards de FCFA ont déjà été décaissés. Le gouvernement entend poursuivre ce processus jusqu’en 2027, malgré les contraintes de trésorerie qui continuent de peser sur les finances publiques.

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Louis-Paul Motaze, Ministre de l'Économie et des Finances du Cameroun.

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Plus de 463 milliards de FCFA ont déjà été décaissés par l’État du Cameroun dans le cadre de l’apurement de sa dette flottante auditée sur la période 2000-2019. C’est ce qui ressort d’un communiqué publié le 29 mai 2026 par le ministère des Finances, qui indique que sur un volume global de créances validées de 752,1 milliards de FCFA, près de 61,6 % ont déjà été réglés entre 2024 et 2025. Dans le détail, les paiements effectués atteignent 232,9 milliards de FCFA en 2024 et 230,4 milliards de FCFA en 2025. Pour cette dernière année, une enveloppe budgétaire de 110 milliards de FCFA a été mobilisée, dont 86,2 milliards de FCFA, soit 78,3 %, avaient déjà été exécutés à la date du communiqué. Ces chiffres traduisent l’accélération d’un processus présenté par les autorités comme un levier d’assainissement des finances publiques et de restauration de la confiance entre l’État et ses créanciers.

Le gouvernement accélère le règlement des engagements validés

Le Cameroun poursuit son vaste chantier de régularisation des créances accumulées au fil des années par l’administration publique. Dans un communiqué signé le 29 mai 2026 par le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, le gouvernement indique que l’opération d’apurement de la dette flottante engagée à la suite des audits réalisés sur la période 2000-2019 enregistre des avancées significatives.

Selon les chiffres communiqués, le montant total des dettes auditées et validées s’élève à 752,1 milliards de FCFA. Depuis le lancement de la phase effective de règlement en janvier 2024, l’État affirme avoir déjà procédé à des paiements cumulés de 463,3 milliards de FCFA. Les décaissements ont atteint 232,9 milliards de FCFA en 2024, tandis que 230,4 milliards de FCFA ont été mobilisés au cours de l’exercice 2025.

Cette opération s’inscrit dans le cadre d’un mécanisme budgétaire et comptable spécifique mis en place pour assainir progressivement les engagements financiers de l’État. L’objectif affiché est de restaurer la confiance entre l’administration publique, les fournisseurs, les créanciers institutionnels et les différents bénéficiaires concernés par ces arriérés.

Une priorité accordée aux dettes salariales et fiscales

L’analyse de la structure des paiements effectués en 2024 révèle une attention particulière accordée aux dettes salariales ainsi qu’aux créances fiscales et douanières. Le gouvernement indique avoir consacré 182,9 milliards de FCFA au règlement des dettes liées aux rémunérations, tandis que 50 milliards de FCFA ont été orientés vers les créances fiscales et douanières.

Pour l’année 2025, une enveloppe budgétaire spéciale de 110 milliards de FCFA a été inscrite dans la loi de finances afin de poursuivre cette dynamique. À la date de publication du communiqué, 78,3 % de cette enveloppe avaient déjà été exécutés, correspondant à un montant de 86,2 milliards de FCFA effectivement versé aux bénéficiaires.

Dans le détail, ces décaissements ont principalement concerné les dettes fiscales et douanières pour 54,2 milliards de FCFA, les dettes commerciales pour 20,2 milliards de FCFA et les dettes académiques pour 6,5 milliards de FCFA. Le reliquat a été orienté vers d’autres catégories d’engagements, notamment les dettes sociales et les dettes locatives.

Cette répartition traduit la volonté des autorités de réduire progressivement les tensions de trésorerie qui affectent les entreprises créancières de l’État tout en répondant aux revendications récurrentes de certaines catégories de personnels publics.

Les enseignants parmi les principaux bénéficiaires

Le communiqué apporte également des précisions concernant les dettes académiques, sujet particulièrement sensible au sein de la communauté universitaire. Le ministère des Finances affirme que les engagements relatifs à cette catégorie de créances ont été pris en compte dans leur intégralité.

Les enseignants concernés reçoivent progressivement leurs paiements par voie bancaire, selon les disponibilités de trésorerie de l’État. Cette précision intervient dans un contexte où les organisations syndicales du secteur de l’enseignement supérieur réclament depuis plusieurs années le règlement des rappels de carrière, des primes et de diverses indemnités accumulées.

L’exécutif cherche ainsi à rassurer les bénéficiaires sur la poursuite du processus tout en rappelant que les décaissements restent tributaires du rythme de mobilisation des ressources publiques.

Un enjeu majeur pour la crédibilité financière de l’État

Au-delà des montants déjà décaissés, cette opération constitue un enjeu stratégique pour les finances publiques camerounaises. L’accumulation des arriérés de paiement a longtemps été identifiée comme l’un des facteurs de fragilisation de l’environnement économique national, en particulier pour les entreprises dépendantes des marchés publics.

L’apurement progressif de ces créances pourrait contribuer à améliorer la liquidité de nombreux opérateurs économiques, à renforcer leur capacité d’investissement et à soutenir l’activité dans plusieurs secteurs. Pour les pouvoirs publics, il s’agit également d’un signal adressé aux partenaires techniques et financiers ainsi qu’aux investisseurs, démontrant une volonté d’assainissement budgétaire et de meilleure gestion des engagements de l’État.

Toutefois, la poursuite de ce programme demeure étroitement liée aux contraintes de trésorerie auxquelles le pays continue de faire face. Les besoins de financement restent importants alors que les autorités doivent simultanément assurer le service de la dette publique, financer les investissements structurants et répondre aux exigences sociales croissantes.

Une vigilance maintenue contre les créances frauduleuses

Le ministère des Finances réaffirme enfin sa détermination à poursuivre le règlement des dossiers validés tout en renforçant les mécanismes de contrôle. Les autorités préviennent qu’elles se réservent le droit d’engager des poursuites contre toute personne qui tenterait d’obtenir indûment des paiements à travers la présentation de créances fictives ou de manœuvres frauduleuses.

Cette mise en garde traduit la volonté du gouvernement de préserver l’intégrité du processus d’apurement, alors que les montants en jeu demeurent considérables. L’assainissement de la dette flottante repose en effet sur la crédibilité des audits réalisés et sur la capacité de l’administration à distinguer les créances légitimes des demandes irrégulières.

À travers ce nouveau point d’étape, le gouvernement camerounais met en avant les progrès réalisés dans l’apurement de la dette flottante héritée des deux dernières décennies. Avec plus de 463 milliards de FCFA déjà réglés sur un total validé de 752,1 milliards de FCFA, l’opération avance à un rythme soutenu malgré un contexte budgétaire contraint. Les autorités disposent désormais jusqu’en 2027 pour achever ce processus qui constitue à la fois un impératif de bonne gouvernance financière et un levier de relance pour de nombreux acteurs économiques créanciers de l’État.

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