La CAN organisée au Maroc entre décembre 2025 et janvier 2026 marque un tournant financier. Selon la Confederation of African Football (CAF), les revenus commerciaux de cette édition ont progressé de plus de 90 % par rapport à la précédente édition. Les estimations avancent des revenus opérationnels avoisinant 280 millions d’euros pour la CAF, portés par l’augmentation des droits de diffusion et l’élargissement du portefeuille de sponsors. Le nombre de partenaires commerciaux est passé à 23, contre 17 en 2023 et 9 en 2021. Cette diversification reflète l’attractivité croissante du tournoi auprès des multinationales.
Pour le pays hôte, l’impact dépasse les seules recettes de billetterie. Les autorités marocaines évoquent près d’un milliard d’euros de retombées économiques directes, grâce au tourisme, à l’hôtellerie, aux transports et aux services. L’événement aurait également soutenu des dizaines de milliers d’emplois temporaires.
Côte d’Ivoire 2023 : la montée en puissance commerciale
Deux ans plus tôt, la CAN 2023 en Côte d’Ivoire avait déjà amorcé cette dynamique. La CAF avait annoncé une augmentation substantielle des revenus de sponsoring et des droits médias. Les primes versées aux équipes reflétaient cette amélioration :
- 7 millions de dollars pour le vainqueur,
- 4 millions pour le finaliste,
- 2,5 millions pour les demi-finalistes.
Ces montants représentaient une hausse d’environ 40 % par rapport à l’édition 2021, signal d’une meilleure santé financière de la compétition. L’audience mondiale a également franchi un cap, avec plusieurs milliards de vues cumulées sur les plateformes numériques et télévisuelles, renforçant la valeur marchande de la CAN auprès des annonceurs.
Cameroun 2021 : la base d’une restructuration
La Coupe d’Afrique des Nations 2021, organisée au Cameroun (et disputée début 2022 en raison du Covid-19), avait généré des revenus plus modestes. Le nombre de sponsors était limité à neuf partenaires majeurs et la commercialisation restait encore concentrée sur les marchés africains et européens traditionnels.
Néanmoins, cette édition a posé les bases d’une stratégie plus agressive de monétisation menée par la CAF : restructuration des droits marketing, meilleure segmentation des partenariats et revalorisation progressive des droits médias.
Une compétition devenue produit global
La progression des revenus des trois dernières CAN repose sur trois piliers majeurs :
1. La revalorisation des droits télévisuels.
La compétition attire désormais des diffuseurs en Asie, au Moyen-Orient et en Amérique, élargissant son marché au-delà du continent africain.
2. La diversification des sponsors.
Le passage de 9 partenaires en 2021 à 23 en 2025 illustre une stratégie commerciale offensive, visant à positionner la CAN comme une plateforme panafricaine d’exposition de marque.
3. La digitalisation de l’audience.
L’explosion des vues sur les plateformes numériques augmente la valeur des inventaires publicitaires et renforce le pouvoir de négociation de la CAF.
Revenus en hausse, mais quels bénéfices nets ?
Si les recettes progressent fortement, la question des coûts demeure centrale. Les pays hôtes investissent massivement dans les infrastructures sportives, les routes, les aéroports et la sécurité. La rentabilité globale dépend donc de la capacité à exploiter ces équipements sur le long terme.
L’analyse des dernières éditions confirme une tendance lourde : la CAN n’est plus seulement une vitrine sportive, mais un levier économique structurant pour le football africain. Avec des revenus commerciaux en forte croissance, une audience mondiale élargie et une professionnalisation accrue de sa gouvernance, la compétition entre dans une nouvelle phase de maturité financière.
