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Finance : le Gabon prépare le terrain avant l’évaluation du FMI

La rencontre entre le ministre délégué au Budget et l’ambassadeur de France au Gabon intervient dans un contexte économique sensible, à la veille d’une nouvelle mission du Fonds monétaire international. Plus qu’un échange diplomatique, elle s’inscrit dans une séquence stratégique visant à consolider la crédibilité budgétaire du pays face aux partenaires techniques et aux marchés.

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Abebe Aemro Selassie, le directeur du département Afrique du FMI, reçu par Brice Clotaire Oligui Nguema, le 5 novembre 2025, à Libreville. © Présidence de la République Gabonaise

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La rencontre entre le ministre délégué au Budget et l’ambassadeur de France au Gabon intervient dans un contexte économique sensible, à la veille d’une nouvelle mission du Fonds monétaire international. Plus qu’un échange diplomatique, elle s’inscrit dans une séquence stratégique visant à consolider la crédibilité budgétaire du pays face aux partenaires techniques et aux marchés.

Avec un ratio d’endettement public oscillant entre 65 % et 70 % du PIB ces dernières années  proche du seuil communautaire CEMAC fixé à 70 %  le Gabon reste sous surveillance macroéconomique. Le déficit budgétaire, bien qu’en amélioration grâce au rebond des cours du pétrole, demeure un point d’attention. Les hydrocarbures représentent encore environ 35 à 40 % des recettes budgétaires et plus de 70 % des exportations, exposant fortement les finances publiques à la volatilité des prix internationaux. Le programme appuyé par le FMI, d’un montant d’environ 553 millions de dollars approuvé en 2021, vise précisément la consolidation budgétaire, la maîtrise de la masse salariale et le renforcement de la transparence financière. La mission à venir devra évaluer le respect de ces engagements.

La séquence actuelle doit être analysée sous l’angle de la soutenabilité de la dette et de la capacité du pays à maintenir une trajectoire budgétaire crédible. Le service de la dette absorbe une part importante des ressources publiques, réduisant les marges d’investissement. Dans ce contexte, l’évolution du ratio dette/PIB, la trajectoire du déficit et la diversification des recettes hors pétrole seront les indicateurs clés suivis par les investisseurs.

Un dialogue constructif avec les partenaires internationaux, combiné à une exécution rigoureuse des réformes, pourrait améliorer la perception du risque souverain et faciliter l’accès à des financements concessionnels ou à des conditions d’emprunt plus favorables sur les marchés régionaux. Pour les investisseurs, la véritable valeur ne réside pas dans l’annonce diplomatique elle-même, mais dans les décisions budgétaires concrètes qui suivront.

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