Ce jalon reflète la solidité macroéconomique du Royaume dans un contexte international marqué par la volatilité financière et les tensions géopolitiques. À ce niveau, les réserves couvrent plusieurs mois d’importations de biens et services, offrant au pays une marge de manœuvre confortable pour absorber les fluctuations des marchés internationaux, notamment sur les prix de l’énergie et des produits alimentaires. Dans un contexte mondial encore marqué par les répercussions des crises inflationnistes et les resserrements monétaires des grandes économies, ce renforcement des avoirs extérieurs consolide la crédibilité financière du Maroc auprès des investisseurs et des agences de notation.
La diversification industrielle : un moteur de croissance
L’accumulation de ces réserves repose sur plusieurs leviers structurels. La diversification industrielle joue un rôle central, portée par des filières exportatrices stratégiques. L’industrie automobile reste le premier secteur exportateur, avec des ventes à l’étranger d’environ 157,6 milliards de dirhams en 2024, soit une progression de 6,3 % par rapport à l’année précédente. Les véhicules et composants représentent près de 15 % des exportations marocaines, et le secteur se tourne désormais vers les véhicules électriques et hybrides, consolidant sa position dans les chaînes de valeur mondiales.
L’aéronautique connaît également une croissance soutenue, avec des exportations estimées entre 20 et 26 milliards de dirhams, tirées par l’assemblage d’avions et de composants, notamment les systèmes d’interconnexion électrique. Enfin, la filière des phosphates et dérivés reste un pilier traditionnel, avec des exportations atteignant environ 74,6 milliards de dirhams en 2025, soit une hausse de 19 %. Le Maroc détient l’une des plus grandes réserves mondiales de phosphates, un atout stratégique pour l’agriculture mondiale.
La diaspora et le tourisme : des flux de devises stables
La contribution des Marocains du monde constitue un moteur clé des réserves de change. Les transferts de la diaspora représentent une source stable de devises, permettant de soutenir le compte courant et d’amortir les chocs extérieurs, même en période d’incertitude économique internationale. Parallèlement, le tourisme international continue de générer des flux de devises significatifs, renforcé par la montée en gamme de l’offre touristique et l’attractivité des destinations marocaines pour les visiteurs européens et africains, sans compter la récente Coupe d’Afrique des Nations que le Royaume chérifien a accueilli.
Les implications monétaires et financières
Ces réserves élevées renforcent la capacité de Bank Al-Maghrib à mener une politique monétaire flexible tout en préservant la stabilité du dirham. Elles améliorent également l’accès du Trésor aux marchés internationaux, la perception du risque souverain et la résilience du système financier national. En plus, au-delà du chiffre, cette progression traduit la transformation graduelle du modèle économique marocain vers plus de diversification, d’industrialisation et d’intégration aux chaînes de valeur mondiales. Pour les investisseurs africains et internationaux, ce niveau de réserves constitue un signal positif sur la stabilité macroéconomique du Maroc et sa capacité à absorber les chocs externes dans un environnement mondial incertain.
