Le Conseil du Café-Cacao a déterminé à 1 200 FCFA/kg le prix bord champ pour la campagne intermédiaire 2025–2026, contre 2 800 FCFA/kg lors de la campagne principale. Cette décision tient compte de l’évolution des cours mondiaux et de l’accumulation de stocks dans les coopératives, tout en garantissant un prix minimum aux producteurs.
En Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, la campagne intermédiaire 2025–2026 s’ouvre avec un prix bord champ inférieur de 57 % à celui de la campagne principale. Cette baisse reflète la situation sur le marché international et l’état des stocks dans le pays. Le mécanisme adopté par les autorités assure que les producteurs disposent d’un prix garanti tout en tenant compte des ventes à l’export et des volumes disponibles dans les coopératives.
Une baisse encadrée par le mécanisme de stabilisation
Le prix de la campagne intermédiaire est fixé à 1 200 FCFA/kg, tandis que les cours mondiaux du cacao se situent autour de 1 578 FCFA/kg (≈3 100 à 3 200 $ la tonne métrique), après avoir dépassé 6 000 $/t fin 2024. L’État intervient en achetant certains volumes excédentaires et en garantissant un prix minimum, permettant de sécuriser les transactions entre producteurs et exportateurs. Ce mécanisme stabilise le marché local et intègre les évolutions récentes des cours internationaux.
Après une période de flambée historique des cours mondiaux du cacao, les marchés ont enregistré une phase de correction. Les prix, qui avaient atteint des niveaux records sous l’effet des déficits de production en Afrique de l’Ouest, ont amorcé un repli marqué ces derniers mois, sous l’effet combiné d’anticipations de reprise de l’offre, d’ajustements spéculatifs et de normalisation progressive des flux commerciaux.
Dans ce contexte, la fixation du prix bord champ pour la campagne intermédiaire s’appuie sur les ventes anticipées et les engagements contractuels déjà conclus à l’export. Le différentiel entre la campagne principale et la campagne intermédiaire s’explique notamment par la structure du système ivoirien, qui repose sur des ventes à terme permettant de sécuriser une partie des revenus avant la récolte.
L’ajustement actuel intervient alors que les volumes de la campagne intermédiaire sont traditionnellement plus faibles que ceux de la campagne principale. Toutefois, l’accumulation de stocks au niveau de certaines coopératives et la prudence des acheteurs internationaux ont contribué à renforcer la pression sur les prix domestiques.
Impacts sur les producteurs et la filière
Les exploitations familiales doivent adapter leurs revenus à la baisse du prix bord champ par rapport à la campagne principale. Si les cours mondiaux étaient appliqués strictement, le prix bord champ aurait été inférieur à 1 000 FCFA/kg. Grâce au soutien de l’État, une subvention estimée à 231 milliards FCFA assure la rémunération des producteurs.
Lors de la campagne principale, plus de 1,5 million de tonnes de cacao ont été payées au prix de 2 800 FCFA/kg. Le mécanisme de prix garanti pour la campagne intermédiaire prend en compte les volumes en stock et les contrats d’exportation, afin de sécuriser la commercialisation et les revenus agricoles.