Ce rendez-vous mondial constitue une occasion de rompre avec les règles qui ont jusqu’ici limité le développement des filières africaines. Il met en lumière l’importance de créer des chaînes de valeur intégrées capables de générer emplois, revenus et compétitivité régionale, notamment dans les secteurs du coton, de l’agriculture et de la pêche.
Un rendez-vous stratégique pour la filière coton
Adama Ekberg Coulibaly, économiste en chef, directeur de l’internationalisation et de la diversification économique et chef des initiatives sous-régionales au Bureau sous-régional Afrique centrale, a expliqué que cette conférence permet de passer à l’action concrète pour structurer l’économie et les filières et générer un impact direct pour les producteurs, artisans et professionnels.
Cette conférence permet de passer à l’action pour structurer les filières et l’économie locale, et de créer un impact concret pour des millions de producteurs, artisans, industriels et professionnels. Elle offre l’occasion de réformer ce qui n’a pas fonctionné jusque-là et d’organiser efficacement la production et la transformation locale.
Selon lui, ces négociations offrent l’opportunité de réformer les règles de l’OMC pour structurer la filière coton et maximiser sa valeur, tout en mettant en place un cadre favorable aux producteurs africains.
Encadrer les subventions pour stimuler la production
Adama Ekberg Coulibaly insiste sur l’importance d’encadrer les subventions agricoles des pays du Nord, évaluées à près de 400 milliards de dollars, pour permettre aux producteurs africains de mieux exploiter la filière coton.
Nous avons demandé que les subventions agricoles du Nord soient encadrées et non éliminées. Cette mesure permettra à l’Afrique de l’Ouest de devenir un mégapôle de transformation du coton, d’injecter des ressources dans les campagnes et de créer de la valeur ajoutée sur le continent.
Il souligne que cette conférence est une opportunité stratégique pour défendre les intérêts africains, profiter des règles existantes de l’OMC et rompre avec les pratiques qui ont limité la filière coton. Cette initiative pourrait injecter des ressources dans les communautés rurales, créer de l’emploi et renforcer l’économie locale, tout en structurant la production pour répondre aux standards internationaux et au marché mondial.
Un nouvel état d’esprit pour les négociateurs africains
Selon Adama Ekberg Coulibaly, ce rendez-vous constitue une rupture stratégique avec les pratiques passées, permettant aux millions de producteurs, commerçants, artisans, jeunes et femmes d’exploiter pleinement les opportunités offertes par les règles internationales. Il précise que la détermination et la vision stratégique des négociateurs africains sont essentielles pour transformer la filière coton et générer de la valeur sur le continent.
Les enjeux économiques pour l’Afrique de l’Ouest
La transformation de la filière coton est un levier majeur de croissance et de développement régional. Ces initiatives permettent de valoriser le coton local, créer des emplois et générer des revenus dans les communautés rurales, tout en positionnant l’Afrique de l’Ouest sur le marché mondial du textile. La région peut devenir un pôle de référence capable de produire et d’exporter un coton de qualité supérieure grâce à des chaînes de valeur intégrées.
La 14ᵉ Conférence ministérielle de l’OMC à Yaoundé marque un tournant pour l’Afrique de l’Ouest dans le commerce international et la transformation industrielle. Selon Adama Ekberg Coulibaly, l’encadrement des subventions et l’adoption d’un nouvel état d’esprit stratégique pourraient transformer la région en mégapôle industriel du coton, générant richesse, emploi et compétitivité sur le marché mondial.