« Nous avons atteint nos objectifs », Brice Clotaire Oligui Nguema

Le 3 mai 2025, Brice Clotaire Oligui Nguema prêtait serment devant la nation gabonaise après son élection à la magistrature suprême, marquant officiellement la fin de la transition ouverte par le coup d’État du 30 août 2023. Un an plus tard, le chef de l’État revendique un bilan placé sous le signe de la souveraineté économique, de la refondation institutionnelle et de la relance des grands projets structurants.

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Brice Clotaire Oligui Nguema, président du Gabon

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Durant cette première année de pouvoir, le président gabonais a cherché à imprimer une nouvelle orientation politique autour d’un discours de rupture avec les anciennes pratiques de gouvernance. Dans ses différentes allocutions, un fil conducteur revient constamment : restaurer la dignité du Gabon à travers le contrôle de ses ressources et la reconstruction de l’État.

La souveraineté économique érigée en priorité nationale

Dès son investiture, le président avait annoncé sa volonté de faire du Gabon « une terre d’opportunités » tout en engageant une transformation profonde du modèle économique national. Au cœur de cette stratégie figure la reprise du contrôle des secteurs stratégiques, notamment celui des hydrocarbures. Le rachat des actifs pétroliers d’Assala, SMP et Tullow Oil par l’État gabonais constitue l’une des décisions économiques majeures de cette première année de mandat. Le 12 avril 2026, lors de la mise en production du champ pétrolier de Ngongui dans la province de l’Ogooué-Maritime, le président a présenté cette opération comme une victoire de la souveraineté économique gabonaise.

Nous avons atteint nos objectifs,

a-t-il déclaré, soulignant que ce nouveau site produira près de 10 000 barils de pétrole par jour et permettra à la production d’Assala de dépasser les 60 000 barils quotidiens. Le chef de l’État insiste particulièrement sur le fait que ce projet a été développé et exploité par des compétences gabonaises. Pour lui, cette dynamique doit permettre au pays de mieux contrôler ses richesses naturelles et d’accroître les retombées économiques pour les populations.

La transformation locale des matières premières comme doctrine économique

Depuis un an, Brice Clotaire Oligui Nguema défend avec insistance une politique de transformation locale des matières premières. Dans plusieurs discours, il a dénoncé un modèle économique basé sur l’exportation brute des ressources naturelles, estimant que le Gabon ne devait plus être « un puits sans fin dont on extrait tout, sans véritable bénéfice pour les Gabonais ». Le président ambitionne ainsi de développer des filières industrielles locales capables de transformer le bois, le pétrole, les minerais, le cacao ou encore le marbre sur le territoire national. Cette orientation vise officiellement à créer des emplois durables, renforcer le tissu industriel et réduire la dépendance économique extérieure du pays.

Des ambitions sociales confrontées aux réalités du terrain

Malgré les annonces et les projets engagés, les attentes sociales demeurent fortes au sein de la population gabonaise. Au cours de cette première année de pouvoir, les questions liées au chômage des jeunes, à l’accès à l’eau potable, à l’électricité, à la santé et au coût de la vie sont restées au centre des préoccupations des citoyens. Le président lui-même avait reconnu, lors de sa prestation de serment, l’ampleur des défis sociaux auxquels le pays reste confronté.

Le gouvernement promet des investissements massifs dans les infrastructures routières, énergétiques et portuaires afin de soutenir la croissance et améliorer les conditions de vie. Mais pour de nombreux observateurs, la réussite du mandat dépendra désormais de la capacité du pouvoir à traduire ses ambitions politiques en améliorations concrètes pour les populations.

Une année fondatrice pour le nouveau pouvoir

Un an après son investiture du 3 mai 2025, Brice Clotaire Oligui Nguema continue de porter l’image d’un dirigeant déterminé à redéfinir les bases économiques et politiques du Gabon. Entre souveraineté économique, industrialisation, diversification de l’économie, réforme de l’État et volonté affichée de restaurer la dignité nationale, cette première année de mandat aura surtout été celle de la définition d’un nouveau cap politique. Reste désormais au pouvoir gabonais à transformer cette vision en résultats durables dans un contexte où les attentes populaires restent immenses et où les défis économiques et sociaux continuent de peser lourdement sur le quotidien des Gabonais.

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