Cette stratégie intervient dans un contexte particulièrement favorable pour le groupe, qui a enregistré en 2025 une performance exceptionnelle. Son bénéfice net a bondi de 384 % pour atteindre 322 millions de dollars, soutenu à la fois par la hausse des cours de l’or et par une augmentation de ses volumes de production.
Une expansion ciblée au Gabon et en Guinée
Présent dans sept pays africains, Managem s’appuie sur un portefeuille d’actifs stratégiques diversifiés. Parmi ses projets phares figurent le projet aurifère de Gabgaba au Soudan, le projet cuivre-cobalt de Pumpi en République démocratique du Congo, et de Boto au Sénégal. Le groupe entend consolider sa position à travers le développement de nouveaux projets structurants. Au Gabon, le projet aurifère d’Etéké devrait entrer en production en 2028 avec une capacité estimée à 60 000 onces par an. En Guinée, le projet de Karita constitue un pilier majeur de cette stratégie, avec une production attendue de 200 000 onces par an à partir de 2029.
En complément, le groupe prévoit de renforcer son portefeuille via des prises de participation dans des mines existantes, une approche visant à accélérer la montée en puissance de ses capacités tout en limitant les délais liés au développement de nouveaux sites.
Diversification dans le gaz naturel
Au-delà de l’or, Managem amorce une diversification stratégique dans l’énergie. Le projet gazier de Tendrara, situé au Maroc, devrait entrer en production commerciale dès 2026. Ce projet s’inscrit dans une logique de sécurisation énergétique nationale et ouvre au groupe de nouvelles perspectives de revenus hors secteur minier.
Une valorisation portée par les anticipations de croissance
Cette dynamique se reflète dans la valorisation boursière du groupe sur la Bourse de Casablanca, où sa capitalisation dépasse désormais les 10 milliards de dollars. Managem s’impose ainsi comme l’un des acteurs les plus valorisés du marché, porté par des perspectives de croissance soutenues et un positionnement renforcé sur le segment aurifère.
Dans un environnement marqué par la volatilité des matières premières, le groupe mise sur une combinaison d’expansion géographique, d’optimisation de ses actifs et de diversification sectorielle pour consolider son statut de futur leader minier africain.
Contexte géopolitique et perspectives du marché de l’or
Les prix mondiaux de l’or évoluent actuellement à des niveaux historiquement élevés, soutenant les stratégies d’expansion des groupes miniers. Début 2026, le métal précieux s’échangeait autour de 4 600 dollars l’once, atteignant plus de 4 650 dollars au 7 avril 2026.
Selon notre confrère Business Insider Africa, le marché a toutefois connu une forte volatilité ces derniers mois. Après un pic historique dépassant les 5 500 dollars l’once fin janvier 2026, les cours ont enregistré leur plus importante baisse mensuelle depuis la crise financière de 2008. Ce repli s’explique notamment par le renforcement du dollar américain et l’évolution des anticipations concernant la politique de taux d’intérêt.
Malgré ces fluctuations à court terme, les perspectives demeurent orientées à la hausse. La banque américaine JPMorgan Chase anticipe un prix de l’or pouvant atteindre 6 300 dollars l’once d’ici la fin de l’année 2026, soutenu par les achats continus des banques centrales et un assouplissement attendu des taux d’intérêt aux États-Unis.
Dans ce contexte, l’or continue de jouer pleinement son rôle de valeur refuge, renforçant son attractivité auprès des investisseurs institutionnels et des producteurs miniers engagés dans des stratégies de croissance à long terme.