Dans un contexte marqué par les besoins croissants en énergie du tissu industriel camerounais, les entreprises se tournent de plus en plus vers des solutions alternatives afin de sécuriser leur approvisionnement électrique. C’est dans cette dynamique que Neo Industry S.A, acteur de la transformation du cacao basé à Kékem, a conclu un protocole d’accord avec ses partenaires pour la mise en place d’une infrastructure solaire destinée à alimenter son site industriel. Le projet prévoit l’installation d’une centrale photovoltaïque sur les toitures de l’usine, associée à un système de stockage par batteries capable de stabiliser l’approvisionnement énergétique. L’objectif affiché est de soutenir les ambitions industrielles de l’entreprise, notamment l’atteinte d’une capacité de production annuelle de 80 000 tonnes de produits issus du cacao.
Une réponse aux contraintes énergétiques de l’industrie
Le développement d’unités industrielles au Cameroun reste fortement dépendant de la disponibilité de l’électricité. Les fluctuations du réseau et les besoins énergétiques élevés des unités de transformation constituent souvent des contraintes pour la continuité des activités. Dans ce contexte, l’installation d’une centrale solaire en toiture permet à Neo Industry S.A de produire une partie de l’électricité nécessaire à ses opérations directement sur son site industriel. L’ajout d’un système de stockage de 2,5 MWh constitue également un levier pour stabiliser l’alimentation énergétique, notamment pendant les périodes de forte demande ou de faible production solaire. Cette approche s’inscrit dans une tendance observée dans plusieurs industries africaines où les solutions hybrides, combinant réseau électrique et production d’énergie renouvelable, deviennent progressivement un outil de sécurisation énergétique.
Un levier pour la montée en capacité de la transformation du cacao
Au-delà de l’enjeu énergétique, ce projet s’inscrit dans la stratégie industrielle de l’entreprise qui ambitionne d’accroître significativement sa capacité de transformation. L’atteinte d’un objectif de production de 80 000 tonnes nécessite une alimentation électrique stable pour les différentes étapes du processus industriel, notamment le broyage, la transformation et le conditionnement du cacao. L’énergie solaire pourrait ainsi contribuer à réduire les risques d’interruption de production tout en maîtrisant les coûts énergétiques à long terme. Pour la filière cacao, cette initiative intervient dans un contexte où plusieurs pays producteurs cherchent à renforcer la transformation locale afin de capter une part plus importante de la valeur ajoutée.
Une contribution à la transition énergétique industrielle
Le projet présente également un intérêt sur le plan environnemental. En intégrant une solution énergétique basée sur le solaire, l’usine devrait réduire une partie de ses émissions de dioxyde de carbone liées à l’utilisation d’énergies conventionnelles. Cette orientation vers les énergies renouvelables correspond à une évolution progressive du secteur industriel africain, où les investissements dans les infrastructures énergétiques propres se multiplient, notamment dans l’agro-industrie et les industries extractives. Au Cameroun, ces initiatives pourraient contribuer à diversifier les sources d’approvisionnement énergétique du secteur productif et à accompagner la modernisation des unités industrielles.
L’initiative portée par Neo Industry S.A à Kekem illustre l’émergence de nouvelles stratégies énergétiques dans l’industrie camerounaise. En combinant production solaire et stockage par batteries, le projet vise à sécuriser l’approvisionnement énergétique de l’usine tout en soutenant ses ambitions d’expansion dans la transformation du cacao.
Au-delà du cas spécifique de l’entreprise, ce type d’investissement pourrait progressivement s’imposer comme un levier pour améliorer la compétitivité des industries locales, réduire leur dépendance aux contraintes énergétiques et accompagner la transition vers des modèles de production plus durables.