La capitale togolaise abrite du 18 au 20 mai 2026 la troisième édition du forum d’affaires Biashara Afrika, organisé conjointement par le gouvernement du Togo et le secrétariat de la ZLECAf. Placé sous le thème « Stimuler la transformation économique de l’Afrique grâce à la ZLECAf », l’événement rassemble dirigeants politiques, institutions financières, investisseurs et opérateurs économiques autour des enjeux de l’intégration économique africaine.
Cette édition intervient alors que la ZLECAf, lancée officiellement en 2021, ambitionne de créer un marché unique de plus de 1,4 milliard de consommateurs et un PIB combiné estimé à environ 3 400 milliards de dollars, selon plusieurs estimations de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank).
Des obstacles persistants au commerce intra-africain
Lors de la cérémonie d’ouverture, Faure Essozimna Gnassingbé a dressé un constat sur les freins au commerce africain :
Aujourd’hui encore, les coûts logistiques dans la région restent parmi les plus élevés du monde. Les barrières non tarifaires persistent, les délais aux frontières ralentissent les échanges.
Selon les données de la Banque africaine d’import-export et de l’Union africaine, le commerce intra-africain représente environ 15 % à 18 % des échanges totaux du continent, contre plus de 60 % en Europe et près de 50 % en Asie.
Coûts logistiques et pertes économiques
Les experts estiment également que les coûts logistiques en Afrique peuvent représenter jusqu’à 30 % à 40 % du prix final des marchandises, un niveau largement supérieur à la moyenne mondiale estimée entre 8 % et 12 %. Ces écarts sont considérés comme un frein majeur à la compétitivité des économies africaines et à la fluidité des échanges dans le cadre de la ZLECAf.
Au cours des échanges, plusieurs intervenants ont souligné les défaillances persistantes du système commercial africain.
Je remercie nos deux amis, la ministre du Nigeria et le président de la Afreximbank, qui ont pointé du doigt nos défaillances, a indiqué Faure Essozimna Gnassingbé.
Instruction ferme sur les blocages au commerce
Dans la continuité des échanges, le chef de l’exécutif togolais a annoncé une mesure immédiate :
Je demande au ministre de la sécurité de régler cette anomalie sous 48 heures.
Aucune précision n’a été donnée sur la nature exacte de l’anomalie évoquée, mais cette instruction s’inscrit dans une volonté de lever rapidement les obstacles au commerce intra-africain.
Le Togo dans sa stratégie de hub logistique
Cette prise de position intervient alors que le Togo poursuit ses investissements pour renforcer son rôle de plateforme logistique en Afrique de l’Ouest, notamment autour du Port autonome de Lomé.
Le port figure parmi les infrastructures stratégiques de la sous-région, avec un trafic annuel estimé à plusieurs millions de tonnes de marchandises, renforçant son rôle dans les échanges régionaux.
Le forum Biashara Afrika 2026 met en évidence les défis structurels du commerce intra-africain, marqués par des coûts logistiques élevés, des barrières administratives et une faible intégration commerciale. Malgré un marché potentiel de plus de 1,4 milliard de personnes, les acteurs réunis à Lomé appellent à des réformes concrètes pour accélérer la mise en œuvre effective de la ZLECAf et renforcer la compétitivité économique du continent.
