Depuis son entrée en phase opérationnelle en 2021, la ZLECAf porte une ambition majeure : transformer un ensemble de 55 États africains en un marché intégré unique. Ce marché représente environ 1,4 milliard de consommateurs, avec un potentiel économique considérable.
Pourtant, le commerce intra-africain demeure structurellement faible, oscillant entre 15 % et 20 % des échanges totaux du continent, selon les estimations les plus couramment utilisées par les institutions économiques africaines. À titre de comparaison, ce niveau dépasse 60 % en Europe et environ 50 % en Asie, révélant un retard d’intégration commerciale significatif. Dans ce contexte, l’accord entre la ZLECAf et Scanning Systems apparaît comme une réponse technique à un problème profondément structurel : la fragmentation et la lourdeur des dispositifs frontaliers africains.
Les frontières africaines, un coût économique sous-estimé
Les corridors commerciaux africains sont encore marqués par des inefficiences importantes. Les délais de passage aux frontières peuvent varier de 3 heures à plus de 72 heures, selon les postes et les périodes d’activité. Ces retards sont principalement liés à la multiplication des contrôles : douanes, immigration, sécurité, services sanitaires et phytosanitaires. Cette superposition administrative génère des coûts indirects élevés pour les opérateurs économiques.
Selon plusieurs analyses logistiques, ces contraintes peuvent représenter jusqu’à 20 % à 30 % du coût total du transport de marchandises en Afrique, un niveau nettement supérieur à la moyenne mondiale.
Le guichet unique : une logique de compression des coûts logistiques
Le cœur de l’accord repose sur le concept de poste de contrôle frontalier à guichet unique (One Stop Border Post). Ce modèle consiste à regrouper en un seul site l’ensemble des administrations intervenant dans le contrôle des flux de marchandises et de personnes.
Dans certains corridors africains, les postes frontaliers traitent déjà plus de 1 000 véhicules par jour lors des pics de trafic. L’objectif du guichet unique est donc de réduire les temps de traitement, d’améliorer la coordination inter-administrative et de limiter les ruptures de flux. L’enjeu est directement économique : chaque heure gagnée sur un camion en transit réduit les coûts de stockage, de carburant et de logistique, et améliore la compétitivité des corridors commerciaux.
Scanning Systems et la montée en puissance des solutions de contrôle intégré
Scanning Systems s’inscrit dans une dynamique déjà observable sur plusieurs corridors en Afrique de l’Ouest, notamment entre le Togo, le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire. L’entreprise intervient sur des axes où transitent des milliers de camions chaque mois, dans des environnements logistiques fortement sollicités.
Son modèle repose sur la digitalisation des contrôles, l’optimisation des flux et l’intégration de systèmes de suivi. Cette approche s’inscrit dans une tendance plus large de modernisation des infrastructures frontalières africaines, encore inégales selon les régions.
Une intégration continentale encore incomplète
Malgré les avancées de la ZLECAf, les coûts du commerce en Afrique restent parmi les plus élevés au monde. Certaines études estiment qu’ils peuvent être jusqu’à deux fois supérieurs à la moyenne mondiale, en raison des contraintes logistiques, de l’état des infrastructures et des procédures administratives.
Le continent compte pourtant plus de 30 grands corridors commerciaux stratégiques, essentiels pour relier les zones de production aux marchés de consommation. Leur efficacité conditionne directement la réussite de l’intégration économique africaine.
L’accord entre la ZLECAf et Scanning Systems dépasse le simple cadre technique d’un partenariat opérationnel. Il s’inscrit dans une problématique plus large : celle de la capacité de l’Afrique à transformer ses frontières en espaces de fluidité économique.
Dans un marché potentiel de 1,4 milliard de consommateurs, la réduction des délais de transit, estimés jusqu’à 72 heures dans certains cas, et des coûts logistiques pouvant atteindre 30 % du transport, constitue un levier stratégique majeur. Le guichet unique apparaît ainsi comme un instrument clé dans la construction progressive d’un espace commercial africain intégré.
