prometal

Algérie : 152 hectares de terres agricoles déclassés à Oran pour un nouveau complexe sidérurgique

Le gouvernement algérien accélère sa stratégie de souveraineté industrielle avec la réaffectation de plus de 152 hectares de terres agricoles dans la wilaya d’Oran pour la construction d’un complexe sidérurgique. Validée par décret exécutif, cette opération traduit la volonté des autorités de renforcer la production nationale d’acier et de réduire la dépendance aux importations dans un contexte de forte demande en matériaux de construction.

5 Min Lecture

Suivez-nous sur nos chaînes   chaîne Telegram Invest-Time chaîne WhatsApp Invest-Time chaîne TikTok Invest-Time

L’Algérie poursuit son orientation vers une économie davantage industrialisée, en misant sur des secteurs jugés stratégiques comme la sidérurgie. La décision de transformer des terres agricoles en site industriel dans la wilaya d’Oran s’inscrit dans cette dynamique globale de réorganisation du foncier économique. À travers ce projet, les autorités entendent soutenir la croissance industrielle et accompagner les grands chantiers nationaux en infrastructures.

Le décret exécutif n°26-227 du 9 juin 2026, publié dans le Journal officiel n°42, officialise le déclassement de plusieurs parcelles situées dans la commune d’Aïn Biya. Cette opération concerne une superficie de 152 hectares, 90 ares et 12 centiares, soit plus de 1,52 million de mètres carrés destinés à accueillir un futur complexe sidérurgique.

Un projet industriel structurant dans la wilaya d’Oran

Le choix de la wilaya d’Oran répond à une logique industrielle et logistique précise. Cette région de l’ouest algérien dispose d’un positionnement stratégique grâce à ses infrastructures portuaires, ses zones industrielles et sa proximité avec les grands axes commerciaux méditerranéens. L’implantation du complexe à Aïn Biya permet ainsi de faciliter l’acheminement des matières premières et la distribution des produits finis.

Sur le plan technique, l’envergure du projet laisse envisager la création d’un complexe intégré regroupant plusieurs unités industrielles. Il pourrait s’agir d’installations de transformation du minerai de fer, de production d’acier, de stockage ainsi que de plateformes logistiques et énergétiques. Avec une superficie dépassant les 152 hectares, le site s’inscrit parmi les projets industriels lourds les plus importants de la région.

Une filière stratégique pour réduire les importations d’acier

La sidérurgie occupe une place centrale dans la stratégie industrielle algérienne, notamment en raison de la forte dépendance du pays aux importations de produits métallurgiques. L’acier est largement utilisé dans les secteurs du bâtiment, des infrastructures, des transports et de l’énergie, qui connaissent une croissance soutenue.

Les autorités cherchent ainsi à renforcer la production locale afin de limiter les sorties de devises et de répondre aux besoins croissants du marché intérieur. Le développement de nouveaux complexes sidérurgiques vise également à structurer une chaîne de valeur nationale capable de soutenir les grands programmes publics d’investissement. Selon les estimations économiques disponibles, l’industrie représente environ 37 % du PIB algérien, bien que cette part soit encore dominée par les hydrocarbures. Le renforcement de la sidérurgie s’inscrit donc dans une logique de diversification progressive de l’économie.

Un cadre juridique encadré par le déclassement des terres

La transformation de terres agricoles en zone industrielle obéit à un cadre légal strict en Algérie. Le déclassement des parcelles d’Aïn Biya a été effectué conformément à la loi n°08-16 du 3 août 2008 relative à l’orientation agricole. Ce dispositif permet à l’État de modifier l’usage de terrains jugés stratégiques pour les besoins du développement économique.

Le décret exécutif signé par les autorités confirme officiellement cette réaffectation foncière. Il s’agit d’une procédure administrative indispensable pour permettre l’implantation d’infrastructures industrielles sur des terres initialement dédiées à l’agriculture.

Entre développement industriel et enjeux agricoles

La conversion de plus de 152 hectares de terres agricoles en site industriel relance le débat sur l’équilibre entre industrialisation et préservation du foncier agricole. Dans un contexte où les enjeux de sécurité alimentaire et de gestion des ressources naturelles deviennent de plus en plus sensibles, ce type de projet suscite des interrogations sur la durabilité des choix d’aménagement du territoire.

Cependant, pour les autorités, ces arbitrages restent nécessaires afin de soutenir la croissance économique et de répondre aux impératifs de développement industriel. L’objectif affiché est de construire une base productive solide capable de réduire la dépendance extérieure et de renforcer la souveraineté économique du pays.

La réaffectation de 152 hectares à Aïn Biya marque une nouvelle étape dans la politique industrielle de l’Algérie. Ce futur complexe sidérurgique illustre la volonté des autorités de renforcer les capacités de production nationale et de structurer une industrie lourde plus compétitive. Au-delà de l’annonce foncière, la réussite du projet dépendra de sa capacité à attirer des investissements, à créer de la valeur ajoutée et à s’intégrer efficacement dans la stratégie globale de diversification économique du pays.

Pour en savoir plus...

Explorez des contenus similaires sur les mots clés :