L’Afrique du Sud poursuit l’assouplissement de sa politique de circulation sur le continent, mais selon une approche sélective. Les autorités sud-africaines ont retenu 32 pays africains dont les citoyens peuvent désormais voyager sans visa pour des séjours de courte durée. Parmi eux figurent notamment l’Algérie, le Kenya, le Rwanda, la Tanzanie, la Côte d’Ivoire, le Botswana ou encore le Mozambique. En revanche, le Cameroun reste soumis au régime classique de visa, une décision qui intervient alors que Pretoria cherche à concilier ouverture économique, développement du tourisme, attractivité des investissements et maîtrise des flux migratoires.
Une exemption accordée à 32 pays africains
La nouvelle politique prévoit une exemption de visa pour les ressortissants de 32 États africains, avec des durées de séjour variant entre 30 et 90 jours selon les accords bilatéraux en vigueur. Cette mesure vise à faciliter les déplacements des hommes d’affaires, des investisseurs, des touristes et des voyageurs effectuant des missions de courte durée.
L’Afrique du Sud, dont le produit intérieur brut est estimé à près de 410 milliards de dollars (environ 240 000 milliards de FCFA) selon le Fonds monétaire international (FMI), entend renforcer sa position de principal hub économique du continent en favorisant une mobilité accrue avec des partenaires considérés comme stables sur les plans économique et sécuritaire.
Le Cameroun reste soumis aux formalités de visa
Le Cameroun ne figure pas parmi les pays bénéficiaires de cette exemption. Pour les citoyens camerounais, les conditions d’entrée en Afrique du Sud restent donc inchangées. Toute personne souhaitant s’y rendre devra continuer à solliciter un visa auprès des représentations diplomatiques sud-africaines, en respectant les procédures administratives, les délais de traitement et les frais consulaires applicables.
Cette exclusion intervient dans un contexte marqué par plusieurs défis sécuritaires au Cameroun, notamment la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, les attaques de Boko Haram dans l’Extrême-Nord ainsi que les tensions politiques observées après les dernières échéances électorales. Sans établir officiellement un lien direct entre ces facteurs et sa décision, Pretoria explique privilégier les pays présentant un environnement jugé plus stable.
Une libre circulation encore limitée sur le continent
Cette décision met également en lumière les limites actuelles de la libre circulation en Afrique. Bien que l’Union africaine et la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) encouragent une plus grande mobilité des personnes afin de stimuler le commerce intra-africain, les États conservent leur souveraineté en matière de politique migratoire.
En optant pour une ouverture ciblée plutôt qu’une suppression généralisée des visas, l’Afrique du Sud cherche à attirer davantage de touristes, d’investisseurs et d’opérateurs économiques tout en limitant les risques liés à l’immigration irrégulière, au chômage et aux questions de sécurité intérieure.
Avec cette nouvelle liste de 32 pays africains exemptés de visa, l’Afrique du Sud confirme son choix d’une intégration régionale progressive, fondée sur des critères économiques et sécuritaires. Pour le Cameroun, qui demeure soumis au régime classique de visa, cette décision rappelle que la libre circulation sur le continent reste inégale et dépend encore largement des priorités nationales de chaque État.
