Prometal Gabon

Maroc : une croissance de 5,3 % attendue en 2026, Rabat accélère sa stratégie de consolidation économique

Le Maroc revoit ses ambitions économiques à la hausse. Dans les orientations du projet de loi de finances (PLF) 2027, le gouvernement table sur une croissance de 5,3 % en 2026, contre une estimation d'environ 4,8 % en 2025. Cette progression serait portée par le redressement de l'agriculture, la résilience de l'industrie, le dynamisme des services et la poursuite des investissements publics. Parallèlement, Rabat vise un déficit budgétaire limité à 3 % du PIB et une réduction de la dette publique à 63 % du PIB d'ici 2029, traduisant sa volonté de concilier croissance et discipline budgétaire.

5 Min Lecture

Suivez-nous sur nos chaînes   chaîne Telegram Invest-Time chaîne WhatsApp Invest-Time chaîne TikTok Invest-Time

L’économie marocaine entre dans une nouvelle phase de consolidation. Malgré un environnement mondial marqué par les tensions géopolitiques, les incertitudes commerciales et la volatilité des marchés de l’énergie, le Royaume affiche des perspectives favorables. Les orientations du projet de loi de finances 2027, présentées par la ministre de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah, dessinent une trajectoire de croissance soutenue, appuyée sur la diversification de l’économie, le renforcement de l’investissement productif et l’amélioration des finances publiques.

Au-delà de la reprise attendue de l’agriculture, les autorités misent sur les secteurs industriels à forte valeur ajoutée, les services, le tourisme et les grands chantiers d’infrastructures pour maintenir le Maroc parmi les économies les plus dynamiques d’Afrique.

L’agriculture et l’industrie au cœur du scénario de croissance

L’objectif de 5,3 % de croissance en 2026 constitue l’une des projections les plus ambitieuses du gouvernement marocain de ces dernières années. Cette performance reposerait d’abord sur une amélioration des conditions climatiques, après plusieurs campagnes agricoles affectées par la sécheresse. L’agriculture demeure un secteur stratégique puisqu’elle représente près de 11 à 12 % du PIB marocain et emploie une part importante de la population active.

En parallèle, l’industrie poursuit sa montée en puissance. Les filières de l’automobile, de l’aéronautique, de l’agroalimentaire, du textile et des énergies renouvelables continuent d’attirer des investissements nationaux et étrangers. Le Maroc s’impose progressivement comme une plateforme industrielle et logistique entre l’Europe et l’Afrique, soutenue par les performances du complexe portuaire Tanger Med et par l’expansion de son réseau d’infrastructures.

Des finances publiques orientées vers la stabilité

Le secteur des services demeure également un pilier de la croissance. Le tourisme a retrouvé une dynamique exceptionnelle ces dernières années avec des niveaux records de visiteurs internationaux, tandis que les services financiers, les télécommunications et les activités numériques poursuivent leur développement.

Sur le plan budgétaire, Rabat entend maintenir le déficit public autour de 3 % du PIB, conformément à sa stratégie de rééquilibrage des finances publiques. L’objectif est d’abaisser progressivement le ratio de dette publique à 63 % du PIB à l’horizon 2029, contre un niveau plus élevé observé après les années de crise sanitaire.

Les recettes de l’État affichent également une évolution favorable. Selon la ministre Nadia Fettah, les recettes ordinaires ont progressé de 15,4 %, grâce à l’amélioration des recettes fiscales et non fiscales. Cette hausse renforce les capacités de financement de l’État pour poursuivre les réformes sociales, soutenir l’investissement public et améliorer les infrastructures économiques.

Des investissements structurants pour soutenir la croissance à long terme

À moyen terme, le gouvernement prévoit une croissance de 4,1 % en 2027, puis de 4,2 % en 2028 et 4,2 % en 2029. Cette trajectoire traduit la volonté des autorités de construire une croissance durable, moins dépendante des aléas climatiques et davantage soutenue par les secteurs productifs, l’investissement privé et les exportations.

Ces perspectives interviennent alors que le Maroc poursuit plusieurs projets structurants liés à la préparation de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 et de la Coupe du monde de la FIFA 2030, coorganisée avec l’Espagne et le Portugal. Les investissements engagés dans les infrastructures de transport, les stades, les réseaux ferroviaires, les aéroports, l’hôtellerie et les services devraient générer des retombées économiques importantes et renforcer l’attractivité du Royaume auprès des investisseurs internationaux.

En fixant un objectif de croissance de 5,3 % en 2026, le Maroc affiche sa volonté d’accélérer la transformation de son économie tout en préservant les équilibres macroéconomiques. Le pari du gouvernement repose sur un rebond de l’agriculture, la montée en puissance de l’industrie, la solidité des services et une gestion budgétaire prudente. Si ces objectifs sont atteints, le Royaume confortera son statut de pôle économique majeur en Afrique et renforcera son attractivité auprès des investisseurs internationaux.

Pour en savoir plus...

Explorez des contenus similaires sur les mots clés :