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Cameroun : l’urgence d’une feuille de route pour le nouveau management du Matgenie

Zambo Belinga et Tikum Elias Mbanwei, respectivement président du Conseil d’administration et Directeur général du Parc national de matériel de génie civil (Matgénie) ont été désignés le 26 décembre 2023, au cours d’une session extraordinaire du Conseil d’administration. Les deux personnalités ont été installées à leurs postes par le ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi. Au cœur des défis de la nouvelle équipe dirigeante, figure l'outil de production, des 731 engins de génie civil dont dispose l’entreprise, 93 sont fonctionnels, 55 en pannes légères, 80 en pannes lourdes et 503 sont en épaves.

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Il y a donc du sang neuf au top management du Parc national de matériel de génie civil (Matgenie). Zambo Belinga et Tikum Elias Mbanwei, respectivement président du Conseil d’administration et Directeur général du Parc national de matériel de génie civil (Matgenie), ont été désignés à ces postes, le 26 décembre 2023 au cours d’une session extraordinaire du Conseil d’administration. Dans la foulée, le poste de directeur général adjoint a été supprimé.

Président du Conseil d’administration, M. Joseph Zambo Belinga
Président du Conseil d’administration, Joseph Zambo Belinga

Il est question de donner un nouveau souffle, afin de faire redécoller cette entreprise publique qui a pour mission de constituer et de développer, pour le compte de l’Etat, le parc de matériel et d’équipements de génie civil et de réaliser les prestations relevant du génie civil et du génie mécanique depuis les décrets de 2015 et 2019, et qui emploi à ce jour, 360 personnes.

Directeur général Matgenie, M. Tikum Élias Mbanwei
Directeur général Matgenie, Tikum Élias Mbanwei

Et justement, en les installant à leurs postes respectifs, le ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, a prescrit que le Matgenie « doit être rentable », et que l’assainissement des ressources humaines amorcé doit se poursuivre. De même, la gestion de l’outil de production, ainsi que le management de l’entreprise, doivent être adossés au statut actuel de l’entreprise.

Marchés d’entretien et de constructions routières

Le Matgenie devra désormais aller à la conquête des marchés d’entretien et de constructions routières. D’une manière générale, les objectifs à atteindre par le nouveau staff concernent la mise en œuvre de la réforme structurelle, à travers un arrimage entre les systèmes de gestion et de management et le statut actuel de l’entreprise ; la modernisation de la gestion de l’entreprise, allant de l’informatisation des procédures diverses à l’intégration progressive de nouveaux paradigmes liés à la productivité ; la transparence dans la gestion des ressources matérielles et financières ; la conquête du marché des constructions routières.

Le Matgenie doit soumissionner pour des appels d’offres, qu’il s’agisse des travaux d’entretien ou des prestations de constructions, le développement de l’expertise technique liée à la construction et à la maintenance des routes, la notoriété de l’entreprise auprès de ses publics, le payement régulier des salaires et l’apurement de la dette relative à la prise en charge des droits des retraités et taxes diverses et la protection du patrimoine du Matgenie, entre autres.

Contraintes au décollage du Matgenie

L’on rappelle que trois facteurs constituent des contraintes au décollage du Matgenie. Notamment, son outil de production, principale source de revenus de l’entreprise, ses ressources humaines et sa gestion. S’agissant du premier point, des 731 engins de génie civil dont dispose l’entreprise, 93 sont fonctionnels, 55 en pannes légères, 80 en pannes lourdes et 503 sont en épaves.  Il importe en outre de relever que malgré le statut du Matgenie, la production de cette entreprise publique repose encore et essentiellement sur les travaux d’entretien routier qui lui sont très souvent confiés, dans un contexte de rude concurrence, caractérisé par la performance des autres entreprises et leur caractère proactif sur un marché en pleine croissance.

Pour ce qui est des ressources humaines, les charges liées au personnel correspondent à plus de 80% de son chiffre d’affaires. A cela s’ajoute le lourd passif accumulé pendant plusieurs années et qui fait ressortir une dette envers la CNPS, remontant à 2002 et estimée à environ 4,6 millions de dollars US (2 763 797 840 FCFA) et une dette fiscale de 5,6 millions de dollars US (3 380 475 582 FCFA).

Les arriérés de salaires dus aux 360 employés recensés en activité avaient été arrêtés à 13 mois au 31 mai 2022, soit un montant chiffré à près de 1,8 million de dollars US (1 092 046 776 FCFA). Un solde de tout compte dû aux retraités recensés a été évalué à 698572,68 dollars US (416 337 495 FCFA), ainsi que les indemnités de décès dont les paiements attendent les grosses des jugements d’hérédité pour un montant de 203568,10 dollars US (121 323 143 FCFA). Soit un total de 1,4 million de dollars US (864 891 251 Fcfa) de stock d’indemnités de fin de carrière.

Au regard de cette situation financière fort préoccupante, le ministre délégué auprès du ministre des Finances a fortement recommandé aux nouveaux responsables, la productivité sur la base des bénéfices des équipes. L’entreprise ne doit plus vivre des subventions de l’Etat, elle doit rechercher des marchés et s’appuyer sur trois structures, une direction commerciale et marketing, une direction technique et une direction consacrée à l’administration générale. Dans cette quête de performance, le ministre des Travaux publics a instruit l’élaboration d’une feuille de route.

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