buhler

Gabon : la mine de fer de Baniaka pourrait faire gagner plus de 610 millions de dollars US (370 milliards de Fcfa) à l’Etat sur les 10 prochaines années

Le président de la Transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, a présidé le 20 mars 2025, la signature d’une convention minière entre l’État gabonais et Reminac, filiale de l’opérateur australien Genmin pour l’exploitation de la mine de fer de Baniaka, l’un des plus grands gisements au monde, avec près de deux milliards de tonnes de réserves à haute teneur. Baniaka est l’un des projets capables de positionner le Gabon comme un important producteur de minerai de fer en Afrique.

5 Min Lecture

C’est en début janvier 2024 que le président de la Transition, Oligui Nguema, a signé le permis d’exploitation minière de Baniaka, autorisant Genmin à y extraire le minerai de fer sur une durée initiale de 20 ans. Le coup d’envoi a été véritablement lancé depuis, le 20 mars 2025 à travers la signature d’une convention minière entre l’État gabonais et Reminac, filiale de l’opérateur australien Genmin.

Située dans le Haut-Ogooué, entre Bakoumba, Franceville et Boumango, la mine de Baniaka s’inscrit dans une large vision de transformation industrielle et de diversification économique.  Ses ressources minérales sont estimées à 760 millions de tonnes de minerai de fer certifié JORC avec des réserves de 100 millions de tonnes exploitables et d’une teneur à plus de 62 % de fer. Le projet prévoit de transformer sur place 60 à 70% de la production, créant ainsi une chaîne de valeur ajoutée au Gabon. Toutefois, précisons que le potentiel global des ressources devrait dépasser le milliard de tonnes, soit près de deux milliards, selon les autorités locales. Sur le site de Baniaka, la qualité du minerai est considérée comme très haute (Label Baniaka Green-TM). En plus, la mine dispose d’un atout majeur, notamment son potentiel d’extension des activités de l’exploitation, soit 85 km de minéralisation de fer non encore totalement explorée d’après le média local L’Union.

Près de 2 000 emplois escomptés

Rendu à sa phase une, le projet de Baniaka prévoit la production de 5 millions de tonnes par an et la durée initiale de la mine dans sa première phase est estimée à 10 ans. Les investissements en capital initial pour la première phase ont été évalués à 256, 43 millions USD (155 milliards de Fcfa), apprend-on. L’État devrait empocher 413, 60 millions USD (250 milliards de Fcfa) sur les profits (IS) et 198, 52 millions USD (120 milliards de Fcfa) sur les royalties (redevance minière), souligne le média gabonais L’Union. Sur le plan de l’emploi, 700 postes directs et 2 000 indirects sont escomptés, offrant des opportunités aux Gabonais et dynamisant l’économie locale. Par ailleurs, dans le cadre de la Responsabilité sociétale des entreprises (RSE), des infrastructures seront développées en matière de santé, d’éducation, d’énergie et de routes, contribuant à l’amélioration des conditions de vie des populations locales.

Un nouveau directeur pour rattraper le retard

La compagnie minière australienne Genmin, a annoncé, le 17 mars 2025, dans un communiqué, la nomination du britannique, Andrew Taplin au poste de Directeur général. Cette nomination intervient dans un contexte où Genmin est confrontée à des défis majeurs. En effet, le projet accuse des retards dans la mobilisation des financements nécessaires à la construction de la mine, comme l’a révélé la compagnie dans son rapport d’activité du 31 janvier, ce qui a contraint l’entreprise à repousser l’exploitation attendue de 2025 à 2026. Pour une exploitation optimale, le projet prévoit des infrastructures stratégiques, telles qu’un corridor logistique reliant le site au Transgabonais au port d’Owendo, ainsi qu’une alimentation électrique provenant du barrage du Grand Poubara. Des éléments préalables qui devraient faire pression sur le gouvernement dans la mise en œuvre de ses grands projets structurants.

Selon les projections de la Beac, la banque centrale des Etats de la Cemac, le taux de croissance économique de la Cemac affichera un taux moyen annuel de 3,7% entre 2025 et 2027, soit une légère progression par rapport à 2024 où la Cemac attendait un taux de croissance économique de 3,6%. Une embellie que l’institut d’émission commun aux pays de la Cemac met sur le compte du dynamisme attendu dans le secteur minier, notamment, les projets d’exploitation du minerai de fer à un stade avancé, au Cameroun  et au Gabon.

 

 

Pour en savoir plus...

Suivez-nous sur nos chaînes   chaîne Telegram Invest-Timechaîne WhatsApp Invest-Time

MOTS CLÉS :
Partagez cet article