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CEMAC : comment le secteur bancaire attire l’attention des investisseurs et révèle une zone à deux vitesses

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L’industrie bancaire d’Afrique centrale affiche une croissance solide, portée par l’augmentation des bilans, des dépôts et des crédits. Selon le rapport COBAC 2024, le total de bilan des banques de la CEMAC atteint près de 25 000 milliards FCFA, en hausse de plus de 11 %, tandis que les dépôts progressent à 18 000 milliards FCFA et les crédits dépassent 12 000 milliards FCFA. Ces performances témoignent d’une confiance renforcée des ménages et des entreprises.
Cependant, derrière cette dynamique positive se cache une réalité plus contrastée.

La COBAC révèle que 22 des 55 banques ne respectent pas au moins une norme prudentielle, soit près de 40 % du secteur. Les insuffisances concernent notamment les fonds propres, la liquidité, les limites d’exposition ou la couverture des immobilisations. Cette non-conformité n’est pas uniforme : certains pays consolident leur capitalisation, tandis que d’autres subissent encore les effets des risques souverains, d’une rentabilité insuffisante ou de failles de gouvernance.

Les créances douteuses illustrent ces disparités. L’encours régional atteint 1 536 milliards FCFA (+6,3 %), mais l’évolution varie fortement selon les pays : +31,4 % au Cameroun, +14,5 % au Gabon, +5,6 % au Congo. À l’inverse, le Tchad (-11 %), la Centrafrique (-15,1 %) et la Guinée équatoriale (-5,4 %) enregistrent une amélioration notable. Le risque bancaire devient donc très segmenté, influencé par la structure économique, l’exposition sectorielle ou la santé des entreprises publiques.

La microfinance poursuit sa croissance, avec un total de bilan dépassant 2 000 milliards FCFA, une hausse de 5 % des crédits et une progression de 32 % du résultat net. Mais les créances en souffrance restent élevées, à plus de 17 % de l’encours.
En parallèle, les établissements de paiement s’imposent comme un moteur clé du système financier. Leur bilan dépasse 600 milliards FCFA, avec plus de 1,7 milliard de transactions annuelles et un résultat net en hausse de plus de 80 %, signe d’une forte accélération de la digitalisation financière et de l’intérêt des investisseurs pour les fintechs.

Pour la COBAC, la priorité des prochaines années est claire : réduire les divergences, renforcer la résilience des établissements les plus fragiles et consolider la supervision. Le plan stratégique OWALI 2025-2029 vise à moderniser le cadre réglementaire et harmoniser les pratiques bancaires.

En 2024, la CEMAC présente un secteur bancaire en expansion, porté par des performances globalement positives et une digitalisation accrue. Mais les écarts entre pays montrent une zone financière à deux vitesses, obligeant les investisseurs à analyser avec précision les risques et les opportunités d’un marché en pleine transformation.

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