Manioc au Cameroun : pourquoi l’offre peine-t-elle à satisfaire la demande ?

Avec une demande supérieure à l’offre et des rendements encore limités, la filière manioc au Cameroun reste dominée par une agriculture vivrière. La production nationale est estimée à plus de 6,26 millions de tonnes en 2022 selon la FAOSTAT, tandis que des projets agro-industriels, dont celui de Mbandjock portant sur 15 500 hectares, visent à accélérer la transformation locale de la filière.

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Selon les données de la FAOSTAT, la production de manioc au Cameroun est estimée à environ 5,9 millions de tonnes en 2021, avant d’atteindre 6 268 000 tonnes en 2022. Ces volumes placent le manioc parmi les principales cultures vivrières du pays.

Les rendements agricoles sont évalués à environ 13 à 14 tonnes par hectare en 2022, selon les statistiques agricoles disponibles, dans un contexte où la production reste largement assurée par des exploitations familiales.

Une filière dominée par la production vivrière

La production de manioc repose principalement sur des systèmes agricoles traditionnels. Les exploitations sont majoritairement de petite taille, avec une mécanisation limitée et une organisation fragmentée des producteurs.

Cette structure influence directement la régularité de l’offre sur le marché national, notamment pour les industries de transformation.

Transformation locale et chaîne de valeur encore limitée

La transformation du manioc au Cameroun est assurée principalement par des unités artisanales et semi-industrielles. Les produits issus de cette transformation incluent le bâton de manioc, la farine, le gari et l’amidon.

La capacité industrielle reste insuffisante par rapport aux volumes de production, ce qui limite la transformation à grande échelle et la création de valeur ajoutée locale.

Un déséquilibre structurel du marché

Le marché du manioc est caractérisé par une demande intérieure élevée en produits transformés, notamment dans les zones urbaines, alors que l’offre en produits industriels transformés reste limitée.

Ce déséquilibre est lié à la faible intégration entre production agricole et transformation industrielle, ainsi qu’à l’insuffisance d’unités de transformation à grande capacité.

Mbandjock : un projet de 15 500 hectares pour structurer la filière

Le projet agro-industriel de Mbandjock s’inscrit dans les programmes de développement de la filière manioc. Il prévoit la mise en valeur de 15 500 hectares dédiés à la culture du manioc.

Selon les informations disponibles, ce projet est en phase de structuration progressive, avec des activités agricoles déjà engagées dans la zone. L’organisation repose sur des bassins de production destinés à alimenter les unités de transformation et à stabiliser l’approvisionnement en matière première.

Dans cette zone, des initiatives agro-industrielles locales intègrent déjà des capacités de transformation, avec des unités capables de traiter plusieurs dizaines de tonnes de manioc par jour dans des configurations industrielles similaires.

Le projet vise l’augmentation des superficies cultivées, la sécurisation de la production et le développement de la transformation locale. Il s’inscrit également dans une logique de structuration des chaînes de valeur, en reliant producteurs et unités industrielles.

Perspectives de structuration du secteur

Les orientations du secteur agricole mettent en avant la nécessité d’augmenter les capacités de production, d’améliorer la transformation locale et de renforcer l’organisation des filières agricoles.

Dans cette dynamique, plusieurs initiatives agro-industrielles sont en cours dans différentes régions du pays, avec un accent sur la substitution des importations et la transformation locale.

Finance Week 2026 : un espace de structuration des réseaux économiques

Dans le prolongement des dynamiques économiques régionales, la Finance Week 2026 prévoit de réunir plus de 500 décideurs et managers de la CEMAC. L’événement vise à renforcer les échanges entre acteurs économiques, à structurer les réseaux d’affaires et à consolider le positionnement des entreprises sur le marché régional.

Le marché du manioc au Cameroun repose sur une production supérieure à 6 millions de tonnes, avec une structure encore dominée par l’agriculture vivrière et une transformation limitée. Le projet de Mbandjock, avec ses 15 500 hectares, s’inscrit dans une dynamique de structuration de la filière et de développement progressif de la transformation industrielle.

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