Cameroun : 71 % des ménages dépendent encore de sources alternatives en eau potable

3 Min Lecture

Suivez-nous sur nos chaînes   chaîne Telegram Invest-Time chaîne WhatsApp Invest-Time chaîne TikTok Invest-Time

Alors que la Cameroon Water Utilities Corporation (Camwater) prévoit 200 bornes-fontaines pour le premier semestre 2026, l’initiative illustre surtout l’ampleur des besoins en eau potable au Cameroun et les limites persistantes de l’offre publique. Avec seulement 29 % des ménages raccordés au réseau, le pays reste en retard par rapport à plusieurs voisins d’Afrique centrale et de l’Ouest.

Selon les données de l’Institut National de la Statistique (INS) et de Camwater, près de 71 % des Camerounais dépendent encore de sources alternatives, souvent insalubres. La pénurie touche particulièrement les zones urbaines densément peuplées comme Yaoundé et Douala, où la demande excède largement la capacité des infrastructures existantes. Dans ce contexte, les bornes-fontaines représentent un palliatif temporaire plutôt qu’une solution durable.

Le réseau public, limité et marqué par des fuites importantes et des branchements irréguliers, ne permet pas de répondre à l’ensemble des besoins. Même avec la campagne annoncée de 200 000 nouveaux branchements, le déficit structurel reste élevé. La répartition prévue des bornes dont 50 à Yaoundé, 50 à Douala et 10 par Région, ne couvre qu’une fraction symbolique du territoire.

En comparaison, le Gabon affiche environ 40 % de couverture des ménages, tandis que la Côte d’Ivoire atteint près de 50 % grâce à des programmes d’extension du réseau et des investissements soutenus par des partenaires internationaux. Cela montre que le Cameroun reste en retard dans la mobilisation d’infrastructures adaptées, malgré un budget secteur eau potable de 25,4 milliards FCFA pour 2026.

Perspectives

L’analyse du contexte suggère que les bornes-fontaines doivent être considérées comme un moyen de réduire les inégalités d’accès à court terme, mais que des investissements structurants et des extensions de réseau sont indispensables pour atteindre l’objectif national d’accès universel à l’eau potable d’ici 2030. L’expérience d’autres pays voisins souligne l’importance de programmes intégrés combinant extensions réseau, maintenance, et financement pérenne, plutôt que des mesures ponctuelles. Les 200 bornes-fontaines sont donc un indicateur des besoins urgents, mais elles révèlent surtout le déficit persistant de l’offre en eau potable au Cameroun. L’analyse comparative avec d’autres pays met en lumière les écarts de couverture et les stratégies à long terme à adopter, notamment pour sécuriser l’accès dans les zones urbaines et rurales vulnérables.

Pour en savoir plus...

MOTS CLÉS :