Café Robusta : les recettes du Cameroun explosent de plus de 300 % à 3,5 milliards FCFA sur la saison 2024-2025

La dynamique du commerce extérieur au Cameroun a connu des tournants majeurs ces dernières années, portée par l’agriculture et les matières premières, mais reste fragile face à la dépendance aux importations et aux fluctuations des prix mondiaux.

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Les recettes du café Robusta, en particulier, ont bondi de plus de 300 % sur la campagne 2024‑2025, atteignant ~3,5 milliards FCFA (soit 6,26 millions de dollars US) au prix FOB, illustrant l’impact significatif des prix internationaux et des performances agricoles sur les comptes extérieurs du pays.

En 2024, la balance commerciale du Cameroun a enregistré une légère amélioration, avec un déficit de 1 747,3 milliards FCFA, contre 2 004 milliards FCFA en 2023, soit une baisse de près de 13 %. Cette réduction s’explique par la croissance des exportations agricoles et des hydrocarbures, qui ont partiellement compensé la hausse continue des importations, dominées par les biens manufacturés et alimentaires. Les matières premières agricoles, notamment le cacao, le café et le caoutchouc, ont contribué à soutenir les recettes d’exportation (+263,5 milliards FCFA), tandis que les importations ont à peine progressé. Cette évolution a légèrement amélioré le taux de couverture des importations par les exportations, mais la dépendance structurelle aux importations reste un défi majeur. Ainsi, 2024 a montré une amélioration ponctuelle, mais insuffisante pour inverser durablement le déficit commercial du pays.

Explosion des recettes agricoles et retournement du solde à court terme

L’année 2025 marque un tournant pour les exportations camerounaises. Au premier trimestre, les recettes d’exportation ont atteint ~1 118 milliards FCFA, soit une hausse de +35 % par rapport à la même période en 2024. Cette progression spectaculaire est portée par les matières premières agricoles, dont le cacao représente près de 45 % des recettes, et par l’envolée des prix internationaux du café robusta, qui a fait bondir les recettes de +300 % pour atteindre ~3,5 milliards FCFA. Cette performance a eu un effet direct sur la balance commerciale : le déficit s’est réduit de façon drastique, passant de 273 milliards FCFA en 2024 à seulement 32,7 milliards FCFA au premier trimestre 2025. Les exportations ont ainsi presque équilibré les importations, avec un taux de couverture de 97,2 %, un record depuis plusieurs années. Toutefois, cette amélioration reste fragile car elle dépend fortement des cours mondiaux et de la capacité de production agricole. Néanmoins, 2025 montre que l’agriculture et les prix favorables peuvent jouer un rôle significatif dans la réduction du déficit commercial.

Projections et défis structurels

Pour 2026, les projections indiquent une poursuite de la croissance des exportations, mais sans rétablissement complet de la balance commerciale. L’économie camerounaise devrait croître modérément, autour de 4 à 4,5 %, portée par l’agriculture, les services et les investissements publics. Cependant, la dépendance aux importations, notamment de biens manufacturés et d’énergie, reste un obstacle majeur pour l’équilibre commercial. Les recettes pétrolières pourraient stagner ou diminuer, et la concentration des exportations sur quelques produits de base expose le pays à des chocs extérieurs. L’État du Cameroun mise sur la diversification et la transformation locale pour réduire cette vulnérabilité, particulièrement dans le cacao, le café et l’huile de palme, mais ces initiatives doivent encore être consolidées.

Entre 2024 et 2025, le Cameroun a connu un tournant remarquable grâce à la hausse des prix des matières premières et aux performances agricoles, notamment le café robusta et le cacao. Cependant, la balance commerciale demeure structurellement déficitaire, et les projections de 2026 montrent que la dépendance aux importations et la concentration des exportations sur quelques produits de base continuent de limiter la durabilité de cette embellie. Pour transformer ce succès ponctuel en redressement durable, le pays devra diversifier ses exportations, améliorer la transformation locale et renforcer la compétitivité de ses produits sur le marché international.

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