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Or, cuivre et lithium : la Côte d’Ivoire parie sur les minerais critiques de demain

Deux semaines après le Conseil des ministres, la Côte d’Ivoire enclenche une nouvelle phase d’expansion minière. Plusieurs permis de recherche et un permis d’exploitation ont été accordés, confirmant la volonté des autorités d’intensifier la valorisation des ressources du sous-sol et d’accroître la contribution du secteur extractif à la croissance nationale.

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Amadou COULIBALY, porte-parole du gouvernement de Côte d'Ivoire

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Les nouvelles autorisations portent sur des projets de recherche dans le Nord du pays et dans la région d’Odienné, avec des travaux ciblant l’or, le cuivre et le lithium. Ce dernier minerai, stratégique pour les batteries électriques et les technologies liées à la transition énergétique, témoigne d’un positionnement anticipatif face aux mutations industrielles mondiales. Dans l’Est, notamment autour de Koun-Fao et Transua, d’autres permis concernent spécifiquement la prospection aurifère, laissant entrevoir un élargissement potentiel de la carte minière ivoirienne.

Ces permis de recherche constituent une étape déterminante du cycle minier. Ils ouvrent la voie à des campagnes d’exploration approfondies, à des études géologiques et économiques, puis éventuellement à des décisions d’investissement pour une exploitation industrielle.

Assafou-Didibango : un projet structurant à fort levier économique

Le projet d’Assafou-Didibango marque une montée en puissance significative. L’investissement annoncé s’élève à 451,31 milliards FCFA pour une production estimée à 120 tonnes d’or sur une période d’exploitation de 19 ans. En moyenne, cela représenterait plus de 6 tonnes d’or par an, un volume capable de renforcer durablement les exportations minières du pays.

Au-delà des chiffres, ce projet pourrait générer des retombées fiscales importantes à travers les redevances minières, l’impôt sur les sociétés, les droits de douane et les contributions sociales. Il devrait également favoriser la structuration d’un tissu de sous-traitance locale, notamment dans les domaines du transport, de la maintenance industrielle et des services spécialisés.

Un pilier croissant de la diversification économique

Longtemps dominée par l’agriculture, l’économie ivoirienne s’appuie de plus en plus sur le secteur minier pour diversifier ses sources de revenus. L’or figure déjà parmi les principaux produits d’exportation du pays, contribuant significativement aux recettes en devises. Avec ces nouveaux projets, la Côte d’Ivoire consolide son ambition de s’imposer comme un acteur majeur de l’industrie minière en Afrique de l’Ouest. L’intégration progressive de minerais stratégiques comme le lithium renforce cette dynamique, dans un contexte international marqué par la compétition pour l’accès aux ressources critiques.

Si les engagements financiers sont effectivement mobilisés et si le calendrier opérationnel est respecté, cette nouvelle vague d’investissements pourrait constituer un tournant structurant pour la contribution du secteur extractif au PIB et aux finances publiques ivoiriennes.

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