Face à l’ampleur du phénomène, les autorités ont annoncé le lancement d’une opération spéciale de lutte contre la fraude à partir du 15 mars 2026. Cette initiative vise à identifier les installations irrégulières sur le réseau électrique et à amener les consommateurs concernés à régulariser leur situation.
La fraude à l’électricité constitue l’une des principales sources de pertes commerciales dans le secteur électrique camerounais. Selon les données communiquées par le ministère de l’Eau et de l’Énergie, les branchements illégaux et les manipulations de compteurs représentent un manque à gagner estimé à près de 60 milliards de FCFA par an. Ces pertes s’ajoutent aux contraintes structurelles du réseau électrique national, qui dessert plus de 1,7 million de clients à travers le territoire selon les données publiées par Eneo.
Les raccordements non autorisés et les installations irrégulières peuvent également provoquer des surcharges sur les transformateurs et sur certaines lignes de distribution. Selon les autorités sectorielles, ces pratiques contribuent aux perturbations observées dans la fourniture d’électricité et exposent les populations à des risques d’incendie et d’électrocution liés aux installations électriques non conformes.
La réduction de ces pertes représente un enjeu financier pour le secteur. Les montants concernés pourraient être réorientés vers les investissements nécessaires à l’entretien et à l’extension du réseau de distribution, ainsi qu’à l’amélioration de la qualité du service électrique. Le secteur électrique camerounais dispose d’une capacité installée estimée à plus de 1 600 MW, alimentée principalement par l’hydroélectricité, dont l’énergie est ensuite acheminée vers les consommateurs à travers les infrastructures de transport exploitées par Société nationale de transport de l’électricité (Sonatrel).
Dans ce contexte, une opération dite « coups de poing » doit être conduite sur le réseau exploité par Eneo à partir du 15 mars 2026. Les équipes techniques seront chargées d’identifier les branchements irréguliers, les manipulations de compteurs et les installations non conformes. Les consommateurs concernés sont invités à régulariser leurs installations afin d’éviter les sanctions prévues par la réglementation en vigueur.
Plusieurs acteurs institutionnels du secteur électrique sont concernés par ces actions. Outre le ministère de l’Eau et de l’Énergie, l’initiative s’inscrit également dans le cadre des missions de régulation et de contrôle confiées à l’Agence de régulation du secteur de l’électricité (ARSEL), qui veille au respect des règles du marché et au bon fonctionnement du service public de l’électricité. L’opération implique également Eneo, chargé de la distribution et de la commercialisation de l’électricité auprès des consommateurs, tandis que la Société nationale de transport de l’électricité (Sonatrel) intervient dans la gestion et l’exploitation des infrastructures de transport de l’énergie électrique.
Des opérations de contrôle et de régularisation ont déjà été menées ces dernières années par Eneo en collaboration avec les autorités du secteur et sous la supervision de l’Agence de régulation du secteur de l’électricité (ARSEL). Ces interventions avaient permis d’identifier plusieurs installations illégales sur le réseau et de récupérer une partie des pertes commerciales. La nouvelle opération annoncée par le ministère intervient dans un contexte marqué par la post-renationalisation de Eneo, où la réduction des pertes et l’amélioration de la performance du système électrique national figurent parmi les priorités des autorités publiques et des opérateurs du secteur, dont la Sonatrel.