Les ambitions de Sidi Ould Tah, nouveau président de la Banque africaine de développement

Le Mauritanien a été élu à ce poste après trois tours de scrutin ce 29 mai 2025 à Abidjan. L’homme entend poursuivre la transformation économique de l’Afrique au cours des cinq prochaines années.

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Sidi Ould Tah, président de la BAD

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C’est une nouvelle page qui s’ouvre à la Banque africaine de développement (BAD). Le Mauritanien Sidi Ould Tah est le nouveau président de l’institution. Il a été élu ce 29 mai 2025. C’était à l’issue du vote des 81 gouverneurs réunis à Abidjan en Côte d’Ivoire à l’occasion des Assemblées annuelles du Groupe de la BAD. Sidi Ould Tah succède ainsi au Nigérian Akinwumi Adesina dont le mandat s’achève le 31 août 2025.

Le choix de Sidi Ould Tah à la tête de l’institution financière africaine apparaît comme stratégique. Le nouveau président s’est imposé devant des adversaires aux profils et aux compétences variées. Sa longue expérience dans les institutions financières internationales, sa capacité de construire des ponts entre les Etats, les régions et les partenaires de développement et sa vision panafricaine ont joué un rôle crucial dans son élection au poste de président de la BAD.

Pour une BAD plus efficace

Celui qui a dirigé la Banque arabe pour le développement économique en Afrique place la souveraineté, l’inclusion et l’efficacité au cœur de son magistère. Une vision dont l’objectif est l’industrialisation de l’Afrique, l’investissement dans les infrastructures de base, la transformation agricole et l’autonomisation des femmes et des jeunes. Sa feuille de route repose sur trois piliers : rapprocher la BAD des Etats, rendre la Banque plus agile, et lui donner sa souveraineté.

Cette vision tranche avec celle de son prédécesseur. Ould Tah hérite d’ailleurs de la stratégie décennale de la BAD (2024-2033) adoptée lors des Assemblées annuelles de la Banque à Nairobi en 2024. Laquelle stratégie met en avant les High 5 d’Adesina : nourrir, éclairer, intégrer et industrialiser l’Afrique, ainsi qu’améliorer la qualité de vie des Africains. Elle appelle à la transformation économique du continent.

Le défi de la construction de l’Afrique

Le Mauritanien hérite d’une institution ambitieuse dont le capital a triplé au cours des 10 dernières années. Il est passé de 93 milliards de dollars en 2015 à 318 milliards de dollars aujourd’hui. Pendant les 10 dernières années, la BAD a mobilisé 102 milliards de dollars pour le financement des projets à fort impact à travers le continent. Ce montant représente 46% du total des approbations de l’organisation depuis sa création en 1964. En 10 ans, le total des décaissements de la BAD a atteint 59 milliards de dollars, l’équivalent de la moitié de tous les décaissements de son histoire. Avec le label AAA dont elle bénéficie, la Banque a accès aux marchés de capitaux à des conditions optimales.

C’est donc un défi de taille que Sidi Ould Tah doit relever. Sa connaissance de l’économie africaine et son expérience en tant que ministre mauritanien de l’Economie et des Finances lui offrent une « vision à 370o des enjeux du développement en Afrique ». Une expérience capitalisée lors de son passage à la tête de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (Badea), dont le capital est détenu par les pays de la Ligue arabe. Sous sa direction, l’institution est entrée dans la cour des grandes banques de développement.

L’homme aux quatre points cardinaux

Sidi Ould Tah a mené une campagne axée sur la réforme de l’architecture financière africaine, la transformation du dividende démographique en puissance économique, l’industrialisation du continent tout en valorisant ses ressources naturelles et en mobilisant les capitaux à grande échelle. Ce programme a été baptisé « Les quatre points cardinaux ». Le fils de la Mauritanie cumule plus de 30 ans d’expérience dans le domaine de l’économie, du développement, de la finance et de la coopération internationale. La modernisation de la Badea en dit long sur le profil de celui qui présidera désormais aux destinées de la BAD.

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