Par deux décrets présidentiels récemment rendus publics, le Président Paul Biya a autorisé deux nouveaux emprunts pour un montant cumulé de plus de 85 milliards de francs CFA, destinés à soutenir l’agriculture et l’éducation de base.
Le premier accord porte sur environ 66,9 milliards FCFA. Il a été conclu avec la Société internationale islamique de financement du commerce (ITFC), une institution du Groupe de la Banque islamique de développement. Ce financement est orienté vers l’acquisition d’intrants agricoles et le soutien à la commercialisation du coton et du soja, deux filières stratégiques pour l’économie rurale et les recettes d’exportation du pays. À travers ce mécanisme, l’État entend sécuriser l’approvisionnement des producteurs, améliorer la productivité agricole et renforcer l’écoulement des productions, dans un contexte marqué par la pression sur les coûts des intrants et la volatilité des marchés internationaux.
Le second emprunt, d’un montant d’environ 18,1 milliards FCFA, a été contracté auprès de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA). Il est destiné au financement d’un projet d’appui à l’éducation de base, avec pour objectif d’améliorer l’accès à l’enseignement, la qualité des infrastructures scolaires et les conditions d’apprentissage, notamment dans les zones les plus vulnérables.
Avec ces deux nouveaux engagements financiers, les autorités camerounaises sont orientés dans une stratégie de mobilisation de ressources extérieures pour financer des secteurs jugés prioritaires, tout en répondant à certaines contraintes budgétaires internes. L’agriculture, pilier de l’emploi et de la sécurité alimentaire, et l’éducation de base, levier central du capital humain, figurent au cœur des axes retenus. Ces emprunts s’inscrivent également dans un contexte de préparation budgétaire où l’État anticipe des besoins de financement élevés, notamment pour soutenir la croissance, maintenir les investissements publics et accompagner les réformes structurelles en cours.
