Le cacao, matière première essentielle pour la filière chocolat, subit une correction majeure sur les marchés internationaux. Les récentes cotations témoignent d’un effondrement jamais vu depuis plusieurs décennies, avec des répercussions directes sur les producteurs africains, notamment en Côte d’Ivoire et au Ghana, qui exportent la majeure partie de leur production.
Une chute brutale après un pic historique
Au printemps 2025, le cacao avait atteint un niveau record, frôlant les 11 280 USD la tonne. Cette flambée des prix s’expliquait par une combinaison de tensions sur l’offre mondiale, de mauvaises récoltes dans certains pays producteurs et de mouvements spéculatifs sur les marchés. Moins d’un an plus tard, début mars 2026, le prix est retombé autour de 2 974 USD la tonne, traduisant un ajustement rapide et significatif du marché après cette période exceptionnelle.
Les facteurs derrière la chute
Plusieurs éléments expliquent cette baisse spectaculaire. D’abord, les prévisions de récolte pour la campagne 2025-2026 indiquent une amélioration de l’offre mondiale, notamment en Afrique de l’Ouest, ce qui a atténué la pression sur les prix. Ensuite, la demande industrielle, en particulier de la part des chocolatiers et confiseurs, s’est légèrement modérée, contribuant à freiner la hausse des cours. Enfin, les analystes pointent un surplus structurel de plusieurs centaines de milliers de tonnes à l’échelle mondiale, renforçant la tendance baissière observée depuis plusieurs mois.
La baisse du prix mondial a des répercussions directes sur les producteurs, en particulier les petits planteurs pour qui la rentabilité devient plus difficile à atteindre. Dans les pays exportateurs majeurs, comme la Côte d’Ivoire et le Ghana, les prix garantis aux producteurs ont été ajustés à la baisse pour refléter la nouvelle réalité du marché. Pour l’industrie chocolatière, cette correction pourrait réduire le coût des matières premières, mais les prix finaux du chocolat en magasin restent influencés par les coûts de transformation et les marges commerciales.
Après la flambée des prix en 2024–2025, plusieurs pays producteurs avaient mis en place des prix garantis élevés afin de soutenir les producteurs et encourager l’investissement dans la filière. Cette période avait entraîné un pic historique des cours, mais celui-ci n’a pas été durable. La situation actuelle représente un ajustement naturel après un cycle exceptionnellement haussier, reflétant la dynamique du marché mondial.
Le cacao traverse une phase de correction brutale après des niveaux record. Les prochains mois seront déterminants pour les politiques agricoles et la stabilité économique des pays exportateurs, ainsi que pour les stratégies d’approvisionnement des industriels du chocolat.