Libre circulation : un vent d’ouverture souffle sur les frontières de la Cemac

Après le Cameroun, c'est au tour de la Direction générale de la police nationale centrafricaine d'instruire aux responsables des postes de police frontalière et d'immigration d'appliquer les textes relatifs à la libre circulation en zone Cémac. Une ère de coopération se dessine ainsi au sein de la sous-région, favorisant une meilleure mobilité des personnes et des biens, en dépit de la réticence encore manifeste de certains États.

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Le Directeur général de la police nationale (DGPN) de la République centrafricaine a recommandé aux responsables de la police, affectés aux différentes portes d’entrées et de sorties du pays, l’application des mesures relatives à la libre circulation des personnes dans la zone Cémac (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale).

Tout citoyen communautaire a le droit de circuler librement ou de séjourner dans un État membre de la Cémac, pour une durée n’excédant pas trois mois (90 jours), sous réserve de la détention de pièces suivantes : une carte nationale d’identité biométrique, une carte d’identité Cémac, un passeport biométrique ou un passeport Cémac, homologué, en cours de validité,

indique une circulaire du DGPN, Bienvenu Zokoue, signée ce 23 septembre 2024.

Dans un acte signé ce 18 septembre, le Délégué général à la sûreté nationale a recommandé des mesures similaires au Cameroun. Ces décisions interviennent dans la foulée de la quatrième session ordinaire sécuritaire du Comité des chefs de polices de l’Afrique centrale (Ccpac) tenue récemment à Yaoundé. La mise en œuvre des politiques communautaires en matière de libre circulation des personnes et des biens était un point à l’ordre du jour de ce rendez-vous.

Meilleure mobilité des personnes et des biens

Ces décisions marquent aussi une avancée significative dans l’intégration régionale et visent à faciliter les déplacements des citoyens au sein de la Cémac, renforçant ainsi les liens économiques, culturels et sociaux entre les États membres. En plus, l’entrée en vigueur effective de ces dispositions symbolise une ère de coopération au sein de la sous-région, favorisant une meilleure mobilité des personnes et des biens. Le respect de ces mesures pourrait aussi contribuer à l’essor du commerce inter-régional et au renforcement de la solidarité entre les États membres de la Cémac.

Il est à noter que, ces directives s’inscrivent dans le cadre de la mise en œuvre de l’acte additionnel du 1er avril 2019, qui consacre la politique commune d’émigration et d’immigration entre les États membres de la Cémac. Dans ce document il est dit que tous les ressortissants des pays membres de la Cémac désirant se rendre dans un autre pays de l’espace communautaire sont désormais exemptés de visa, sous réserve de présenter un passeport biométrique ou une carte nationale d’identité valide. Les pays concernés sont le Cameroun, le Congo-Brazzaville, la Guinée Équatoriale, le Gabon, la République centrafricaine et le Tchad.

Réticence de certains Etats

Notons que depuis plusieurs années, la question de la libre circulation des personnes est une des pierres d’achoppement entre les Etats membres de la Cémac. Cette mésentente est liée à une multitude de raisons, dont certaines participent de constructions imaginaires développées en particulier au Gabon et en Guinée équatoriale. Trois grands mythes sous-tendent le refus manifeste de ces deux Etats d’appliquer le principe communautaire de la libre circulation des personnes ; il s’agit des mythes de l’invasion démographique, de la spoliation économique et de la perversion sociale associée à la délinquance d’origine étrangère, peut-on lire dans une publication de journals.openedition.org

Ancrées dans les consciences nationales, ces représentations s’expriment à travers des politiques migratoires et des pratiques frontalières particulièrement discriminatoires à l’égard des ressortissants de la sous-région.

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