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Africa CEO Forum 2025 : des investissements dépassant 200 millions USD pour dynamiser les initiatives africaines

Des accords totalisant ce montant ont été signés pour soutenir les secteurs tels l'immobilier, l'énergie, la connectivité et l'intelligence artificielle, entre autres. Les PME et les femmes entrepreneures nigérianes à elles seules vont bénéficier de 100 millions USD, dans un contexte où des acteurs politiques et économiques plaident pour la souveraineté alimentaire et énergétique du continent.

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Les regards des acteurs économiques africains sont désormais tournés vers la 13ème édition de l’Africa CEO Forum, qui va se tenir l’année prochaine. La 12ème édition, quant à elle, s’est clôturée le 13 mai 2025, sous de bons auspices et avec des perspectives prometteuses. Les retombées de ces rencontres économiques regroupant les décideurs, les dirigeants d’entreprises et les investisseurs du continent et d’ailleurs, sont déjà considérables : des accords totalisant plus de 200 millions de dollars ont été signés pour l’occasion pour soutenir le secteur privé africain.  Les secteurs économiques bénéficiaires de ces accords sont l’immobilier, l’énergie, la connectivité et l’intelligence artificielle.

On peut énumérer, entre autres, en guise de détail, ces accords conclus entre Access Bank Plc et DEG pour une enveloppe de 100 millions USD devant servir à soutenir les petites et moyennes entreprises (PME) nigérianes et les femmes entrepreneures de ce pays de l’Afrique de l’Ouest. C’est sans aucun doute la plus grosse prise. 

Ou encore, ce partenariat tripartite signé par IFC, le Groupe Duval et Proparco dans le but de soutenir le développement immobilier durable à Abidjan, l’une des principales villes de Côte d’Ivoire, qui, pour la cinquième fois était le pays hôte de ce Forum. L’accord est assorti d’un prêt conjoint de 32,6 millions d’euros devant servir à la mise en œuvre du projet « Village Notre Père » dans le quartier des affaires du Plateau.

Il y a également ce protocole d’accord négocié avec succès par BRVM et Africa 50 dans le but de mobiliser l’épargne régionale nécessaire pour développer des projets d’infrastructures dans la zone Union économique et monétaire de l’Afrique de l’Ouest (UEMOA). Des instruments financiers plus innovants, à l’instar des obligations de projet, seront mis à contribution.

Dans le secteur des énergies, Schneider Electric a, pour sa part, conclu deux accords avec 3MD Energy et Smart Energy afin d’améliorer la distribution électrique moyenne tension et promouvoir des solutions numériques durables incluant des audits énergétiques et des formations.

Transformer les matières premières et garantir la souveraineté alimentaire

L’Africa CEO Forum s’est ouvert le 12 mai à Abidjan, dans la capitale économique ivoirienne en présence de plusieurs chefs d’État dont Cyrille Ramaphosa de l’Afrique du Sud, Paul Kagame du Rwanda, John Dramani Mahaman du Ghana, Mohamed Ould Ghazouani de la Mauritanie, Bassiro Diomaye Faye du Sénégal, ainsi que le président de la République Fédérale d’Ethiopie. Les travaux avaient pour thème « Un New deal public-privé peut-il rebattre les cartes en faveur du continent ? ». Une invite à repenser la structuration de l’économie africaine.

Au cours de la cérémonie d’ouverture à l’hôtel Sofitel d’Abidjan, le président ivoirien Alassane Dramane Ouattara a plaidé en faveur de la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale (ZLECAF) pour développer l’économie du continent. « Nous devons œuvrer au renforcement des échanges inter africains à travers la poursuite des efforts de transformation de nos produits et de nos matières premières », a préconisé le chef de l’État ivoirien, soulignant la nécessité de « disposer d’un capital humain compétitif, garantir notre souveraineté alimentaire et énergétique, industrialiser nos chaînes de valeur, accélérer le développement des énergies renouvelables, maîtriser les technologies numériques y compris l’intelligence artificielle ».

L’urgence de soutenir le secteur privé africain

L’initiative  économique, qui promeut le dialogue entre le secteur public et le secteur privé du continent, est organisée par Jeune Afrique Media. Le directeur général de cette entreprise de presse,  Amir Ben Yahmed, par ailleurs président d’Africa CEO Forum, a souligné l’urgence de soutenir le secteur privé pour développer l’économie africaine.

« Nous pensons que la racine du problème tient à la qualité insuffisante des politiques publiques et de la gouvernance économique de nos pays », a-t-il diagnostiqué devant quelque 2800 leaders économiques et politiques ayant pris part à ces travaux, dont près de 900  chefs d’entreprises venus de 90 pays. « Le contexte transactionnel actuel impose à l’Afrique de lever enfin les freins qui entravent encore son secteur privé. Il n’y a pas d’autre alternative. Parce qu’il sait faire preuve d’agilité stratégique, de capacité d’innovation et de réactivité face aux mutations économiques, le secteur privé est le meilleur atout économique du continent », a ajouté le Dg de Jeune Afrique Media

« Nous devons libérer le capital privé au service d’une Afrique compétitive, productive, capable de créer massivement des emplois et d’inspirer le reste du monde », a, pour sa part, proposé le directeur général de la Société Financière Internationale (IFC), Makhtar Diop, co-organisateur d’Africa CEO Forum. « Le forum a permis de mettre en lumière des solutions concrètes pour renforcer le secteur privé africain, allant de l’innovation financière aux initiatives majeures qui débloquent les opportunités d’investissement à fort potentiel », s’est réjoui Makhtar Diop, le directeur général de l’IFC.

Accélérer l’innovation technologique de l’Afrique

L’édition 2025 de l’Africa CEO Forum s’est tenue dans un contexte marqué par l’inflation des politiques protectionnistes à travers le monde, la réduction de l’aide au développement en faveur des pays pauvres ou en développement, et l’octroi des prêts à des taux très onéreux. L’occasion a permis à certaines entités africaines à l’instar d’Atlantic Financial Group (AFG) de dévoiler leurs ambitions pour le continent. Le directeur général de ladite société, Sionle Yeo, a souligné l’urgence d’investir dans des systèmes énergétiques hybrides pour réduire les coûts de la production, ainsi que la nécessité de renforcer l’intégration régionale afin de créer des économies d’échelle, ou encore l’enjeu de structurer des chaînes de valeur complètes, de l’extraction à la transformation.

Au cours d’un panel consacré à l’essor de l’industrie lourde africaine, il n’a pas caché sa vision ambitieuse pour une industrie africaine innovante, résiliente et tournée vers la souveraineté. Le DGA d’AFG pense qu’il faut accélérer l’intégration du deep tech dans les industries traditionnelles africaines et de l’innovation technologique  dans les stratégies de croissance en créant des passerelles entre le monde de la finance et celui des startups technologiques.

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