RDC : la Banque Mondiale appelle à rationaliser les incitations fiscales

La Banque Mondiale a présenté son nouveau rapport sur l’évaluation de la situation économique de la RDC. C’était lors d’une cérémonie officielle à laquelle prenait part le Directeur des opérations de la Banque mondiale pour l’Angola, le Burundi, la République démocratique du Congo (RDC) et Sao Tomé-et-Principe le 29 juillet 2025 à Gombe.

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Vue aérienne du centre financier de Kinshasa, Commune de la Gombe, Kinshasa, RD Congo, le 3 Mai 2024 © Arsène Mpiana pour JA

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Rationaliser les incitations fiscales. C’est l’un des résultats phares des recherches menées par la Banque Mondiale, dans le cadre de l’élaboration du Rapport sur la Situation Économique de la République démocratique du Congo publié le 28 juillet 2025, intitulé « Réévaluer les incitations fiscales : des résultats en deçà des promesses de croissance et d’équité ».

Selon le Groupe de la Banque Mondiale, la rationalisation des incitations fiscales pourrait améliorer l’efficacité des politiques fiscales et ouvrir la voie à de futures baisses de taux d’imposition, tout en garantissant des ressources adéquates pour le développement et les dépenses sociales.

Les incitations fiscales c’est la cerise sur le gâteau, ce n’est pas le gâteau. Si on veut effectivement attirer les investisseurs au Congo ce n’est pas en distribuant les incitations fiscales de tout type. Mais c’est en améliorant le climat des investissements dans son ensemble. Il s’agit de l’infrastructure, de la formation des compétences, de l’accès à l’énergie, des infrastructures routières. Et une fois qu’on a mis en place le climat des investissements, en ce moment de façon sélective l’incitation se porte bien

,a indiqué Albert Zeufack, Directeur des opérations de la Banque mondiale pour l’Angola, le Burundi, la République démocratique du Congo (RDC) et Sao Tomé-et-Principe, en présence des membres du gouvernement congolais.

Des défis persistants

En République Démocratique du Congo, le climat des affaires est confronté à des défis persistants notamment les lourdeurs administratives, l’insécurité juridique et judiciaire, la complexité fiscale et parafiscale, le déficit d’infrastructures et l’accès limité au financement.

Au mois de mars dernier, le président de la République Félix Tshisekedi avait présidé à la Cité de l’Union africaine, une réunion sur le projet d’élaboration du « Plan stratégique Climat des affaires pour la transformation structurelle de l’économie ». Ce projet devrait durer près de 7 mois, et le chef de l’Etat avait souligné que ce plan sera un levier pour faciliter la création d’entreprises, réformer le système fiscal et administratif, et valoriser le « Made in Congo ».

Des politiques macroéconomiques

D’après les perspectives de la banque, la RD Congo doit prioriser des actions sur différents horizons temporels pour relever ses défis actuels et renforcer sa résilience future. Selon l’institution de Bretton Woods, le pays doit prioriser les dépenses en faveur des services essentiels et les investissements dans les infrastructures et surtout en dirigeant davantage d’ incitations vers les investissements qui créeront des emplois pour la jeunesse ; élargir l’assiette fiscale et améliorer l’efficacité de la collecte des impôts grâce à la mise en place de systèmes modernes d’administration fiscale et à la réduction des exonérations ; promouvoir la décentralisation budgétaire ; renforcer la crédibilité de la Banque centrale du Congo (BCC) ; introduire une plus grande flexibilité du taux de change et poursuivre les efforts de dédollarisation de l’économie afin d’assurer la stabilité des prix et de restaurer la confiance dans la monnaie locale ; et adopter des politiques macro prudentielles (dans le but d’assurer la stabilité et limiter le risque de perturbation généralisées dans le système financier du pays). D’après la Banque Mondiale, ces politiques doivent à moyen terme, favoriser la diversification économique, une croissance durable et une meilleure gestion des finances publiques.

Selon les prévisions de la Banque Mondiale, la croissance économique devrait ainsi rester soutenue dans le pays, atteignant 5,3% d’ici 2027, malgré un ralentissement prévu à 4,8% en 2025 en raison d’une baisse de la production extractive et de perturbations liées aux conflits. La croissance sera principalement portée par le secteur minier, avec l’expansion de la production dans les mines de cuivre et de cobalt de Kamoa-Kakula, Tenke Fungurume et KFM.

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