Le coût du projet est estimé à environ 12,5 milliards USD (1 937,5 milliards de shillings kényans (KES)), bien au‑dessus des premières projections de 10 milliards USD faites il y a quelques années. Ce budget en fait l’un des plus imposants investissements d’infrastructure en Afrique, juste après les grandes initiatives énergétiques comme le barrage de la Renaissance. Le financement repose sur un modèle mixte : 30 % financés par Ethiopian Airlines, la compagnie nationale et 70 % apportés par des prêteurs internationaux, coordonnés par la Banque africaine de développement (BAD), qui a d’ores et déjà engagé 610 millions USD et mène les efforts pour mobiliser plusieurs milliards supplémentaires.
Le futur aéroport de Bishoftu, situé à environ 45 km au Sud‑Est d’Addis‑Abeba, est conçu pour gérer jusqu’à 110 millions de passagers par an, avec quatre pistes et une aire de stationnement pouvant accueillir jusqu’à 270 avions – soit plus de quatre fois la capacité de l’aéroport actuel de Bole (25 millions de passagers). Cette capacité positionnerait Bishoftu parmi les principaux hubs aériens mondiaux, bien au‑dessus des besoins domestiques actuels et même des projections de trafic à moyen terme en Afrique.
Les travaux ont officiellement commencé en janvier 2026, avec une première phase de terrassement déjà financée à hauteur de 610 millions USD, et une mise en service progressive prévue autour de 2030. Le lancement des travaux marque une étape symbolique dans la stratégie du gouvernement éthiopien visant à faire du pays non seulement un pôle énergétique régional (avec le barrage hydroélectrique), mais aussi un centre logistique et aérien majeur pour l’Afrique et le monde.
Le nouvel aéroport s’inscrit dans une vision à long terme : renforcer la connectivité aérienne régionale et internationale ; soutenir la croissance du tourisme et du commerce extérieur ; augmenter les capacités de fret, facilitant notamment les exportations de produits agricoles et manufacturés. En remplaçant à terme l’aéroport de Bole, aujourd’hui presque saturé, Bishoftu devrait permettre à Ethiopian Airlines, déjà principal transporteur du continent, d’augmenter fortement son réseau et sa compétitivité face aux hubs d’Europe, du Golfe et d’Asie.
Malgré ses avantages, le projet fait face à plusieurs défis dont la mobilisation des financements nécessaires, notamment auprès d’institutions et de banques commerciales ; les pressions sociales et environnementales, liées au déplacement des populations locales et à l’urbanisation rapide de la région ; la concurrence régionale de hubs africains déjà bien implantés, comme ceux de Casablanca, Johannesburg ou Nairobi.
Avec un investissement public‑privé dépassant 12,5 milliards USD et une capacité record de 110 millions de passagers par an, le Bishoftu International Airport s’annonce comme le plus grand projet d’infrastructure aéronautique d’Afrique. Il illustre l’ambition de l’Éthiopie de transformer son économie et de renforcer sa place dans l’aviation mondiale, tout en complétant sa stratégie de développement basée sur des mégaprojets d’envergure.