Dans son offre adressée au cabinet du Premier ministre, NAXYA Holding se positionne non pas comme un simple repreneur d’actifs, mais comme un acteur stratégique prêt à structurer toute la chaîne de valeur bauxite-alumine-aluminium. L’ambition affichée est de faire de ALUCAM un champion industriel régional capable de capter les opportunités du marché africain dans le cadre de la Zlecaf, tout en renforçant la base productive du Cameroun. NAXYA Holding présente une offre modèle la plus efficace pour concilier performance économique et intérêts nationaux. Selon le groupe :
Notre proposition a vocation à faire d’ALUCAM, l’industrie industrialisante d’impact qu’elle mérite d’être au plan continental.
Naxya Holding
Un engagement dans la relance d’Alucam
L’intérêt de NAXYA Holding pour ALUCAM ne relève pas d’une démarche opportuniste. En effet, le groupe est déjà impliqué dans la stabilisation de l’entreprise à travers des engagements financiers et commerciaux qui ont contribué à maintenir l’activité industrielle ces derniers mois. Dans la stratégie de redressement d’Alucam, le rôle de la filiale PROALU de NAXYA Holding s’avère déterminant. Le partenaire a déjà injecté 10 milliards de FCFA sous forme d’avance de trésorerie pour oxygéner les opérations, une mise sécurisée par des garanties de fourniture. Au-delà de ce soutien immédiat, PROALU sécurise l’avenir industriel du site en s’engageant sur un contrat d’achat annuel (off-take) d’au moins 48 milliards de FCFA. Cet adossement financier fait aujourd’hui de la filiale le premier rempart de la crédibilité bancaire d’ALUCAM, rassurant ainsi les marchés sur la viabilité de sa relance. Cette intervention a permis à la société de faire face à ses obligations financières et d’éviter une détérioration plus profonde de sa situation. Ces initiatives traduisent un engagement réel en faveur du tissu industriel camerounais, bien avant même la formalisation de l’offre de rachat.
Après une décennie d’attente
Depuis le retrait de Rio Tinto en 2014, ALUCAM est restée en quête d’un partenaire stratégique solide. Malgré un appel d’offres lancé dès 2015 pour accompagner la recherche d’un repreneur, aucune solution structurante n’avait véritablement émergée pendant près de dix ans. Ce n’est qu’en 2025 que le gouvernement a reçu plusieurs propositions formelles, parmi lesquelles celles du Singapourien Eagle Eye d’Arise IIP, du Suisse Bathco, et NAXYA Holding avec son ancrage industriel et ses engagements déjà visibles sur le terrain, une continuité logique avec les efforts déjà entrepris pour maintenir l’activité d’ALUCAM et préserver les emplois.
Une entreprise à redresser, un secteur à reconstruire
ALUCAM cumule des pertes depuis plus d’une décennie : -23,7 milliards de FCFA en 2024, -23,6 milliards en 2023, -8 milliards en 2022 et -23 milliards en 2019. Dans ce contexte, la société a régulièrement nécessité l’appui du Trésor public pour honorer certaines charges énergétiques. Selon les données de la Chambre des Comptes de 2024, une recapitalisation d’au moins 43 milliards de FCFA serait nécessaire pour moderniser l’outil de production et ramener la capacité annuelle entre 110 000 et 120 000 tonnes d’aluminium primaire. L’objectif du groupe est clair : faire bondir la production courante. Actuellement plafonnée à 60 000 tonnes, celle-ci devrait atteindre avec l’ambition du groupe, les 110 000 tonnes par an. Dans ce schéma de croissance, PROALU prévoit de capter 34 % de la production future, générant ainsi un chiffre d’affaires colossal de 60 milliards de FCFA.
