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HIMO au Cameroun : Le GECAM et le BIT s’unissent pour transformer les chantiers en usines à emplois

Le 20 février 2026, un atelier a rassemblé à Douala les acteurs du BTP autour de l’Approche Haute Intensité de Main-d’œuvre (HIMO). Plus qu’une simple rencontre technique, l’événement visait à faire de chaque projet d’infrastructure une opportunité concrète d’emploi pour les jeunes et les populations vulnérables, en adaptant les pratiques de construction à des standards favorisant l’emploi local.

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Le secteur du BTP, largement bénéficiaire des investissements publics, présente un potentiel important pour la création d’emplois, surtout dans un pays où le taux de sous-emploi élargi dépasse 70 %, et où les jeunes de moins de 35 ans représentent plus de 60 % de la population. Malgré des budgets conséquents consacrés aux infrastructures avec plusieurs milliers de milliards de FCFA prévus pour les investissements publics en 2026  l’impact direct sur l’emploi reste limité lorsque les projets sont fortement mécanisés ou sous-traités à l’étranger. L’intégration de la HIMO vise à inverser cette tendance, en valorisant la main-d’œuvre locale et en transformant chaque chantier en moteur économique pour les communautés.

HIMO : un modèle économique, pas une approche sociale

L’approche HIMO consiste à privilégier l’exécution de travaux publics par la main-d’œuvre locale plutôt que par des équipements lourds, lorsque la nature du chantier le permet. Dans d’autres pays africains soutenus par le Bureau international du travail (BIT), un projet mené selon ces principes peut générer 2 à 4 fois plus d’emplois directs pour un coût global comparable. Cette méthodologie concerne notamment les pistes rurales, les travaux de drainage, les aménagements urbains secondaires et l’entretien routier, tout en offrant aux entreprises locales un avantage compétitif sur les marchés publics.

Un levier pour la commande publique

La réussite de la HIMO dépend de l’intégration des clauses spécifiques dans les appels d’offres. Même une fraction des projets d’infrastructure publics orientée vers ce modèle pourrait générer des milliers d’emplois temporaires ou saisonniers, en particulier pour les jeunes et les populations vulnérables, tout en stimulant l’activité économique locale. La démarche constitue donc un levier stratégique pour améliorer l’impact social des dépenses publiques.

Une réponse aux tensions sociales et économiques

En transformant chaque chantier en bassin d’emplois, la HIMO contribue à injecter des revenus directs dans les communautés et à renforcer la stabilité économique et sociale, surtout dans les zones rurales et périurbaines. Cette approche permet de répondre simultanément aux besoins d’infrastructure et aux enjeux de chômage et d’inclusion, transformant les investissements publics en un outil de développement plus complet.

Les défis à surmonter

L’intégration de la HIMO dans les projets camerounais reste limitée par plusieurs obstacles : maîtrise technique insuffisante des entreprises locales, retards de paiement des marchés publics, structuration incomplète des PME du BTP, et manque de suivi chiffré des impacts des projets pilotes. Renforcer les capacités des entreprises et aligner les pratiques sur les standards HIMO est donc essentiel pour concrétiser le potentiel de création d’emplois.

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