La Sodecoton devait bénéficier d’un prêt de 30 millions d’euros de l’AFD, destiné à moderniser ses unités d’égrenage et renforcer ses capacités de production face à la concurrence régionale. Avec l’annulation de ce prêt, l’entreprise perd également la subvention européenne de 10 millions d’euros, ce qui diminue fortement ses ressources pour la prochaine campagne et les projets d’investissement.
La décision de l’AFD intervient dans un contexte complexe : retards et blocages administratifs dans le versement du prêt, arriérés importants de près de 81,6 millions d’euros de l’État envers Sodecoton (avec environ 60,2 millions d’euros au titre de crédits de TVA) et exigences accrues des bailleurs internationaux sur la gouvernance et la viabilité des projets. En plus, Pour une entreprise qui emploie plusieurs milliers de personnes et structure l’économie du Nord du Cameroun, cette perte de financement réduit sa capacité d’investissement au moment où elle en a le plus besoin. Pour l’AFD, le cas de la Sodecoton présente bien plus de risque et de fragilité.
Il faut noter que en 2025, l’État du Cameroun a finalisé le rachat des parts du groupe français Geocoton (30%) dans la Société de développement du coton (Sodecoton) pour un montant de71 millions d’euros, portant ainsi la participation du Cameroun à 89 %. Même si en 2024, les actionnaires de la Sodecoton se sont distribués 500 millions de dividendes, cette situation pèse directement sur l’achat des intrants agricoles, sur la modernisation des usines et sur la confiance des investisseurs dans le secteur agro-industriel. Elle affecte également les revenus des producteurs et la compétitivité globale du coton camerounais sur le marché régional et international.