Cacao Ivoirien : les coopératives perdent plus de 30 milliards FCFA (PICD)

La filière cacao en Côte d’Ivoire est confrontée à une baisse des prix bord champ pour la campagne intermédiaire 2025-2026, fixée à 1 200 FCFA/kg. Cette situation survient alors que de nombreux stocks restent détenus par les coopératives, accumulés lors de la campagne principale, et pourrait générer plus de 30 milliards FCFA de pertes si les volumes étaient vendus au prix actuel du marché, selon la Plateforme Ivoirienne pour le Cacao Durable (PICD).

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Le cacao reste le premier produit d’exportation agricole de la Côte d’Ivoire et un pilier essentiel pour les revenus de millions de producteurs. La campagne intermédiaire 2025-2026 a débuté avec un prix bord champ de 1 200 FCFA/kg, en baisse par rapport au tarif de 2 800 FCFA/kg appliqué lors de la campagne principale précédente.

Cette baisse intervient dans un contexte où de nombreux volumes sont encore stockés dans les entrepôts des coopératives, faute de débouchés suffisants sur le marché local et international. Ces stocks constituent un enjeu financier majeur pour les structures de producteurs et pour l’ensemble de la filière.

Stocks élevés et pertes financières

Les coopératives détiennent encore des volumes achetés à 2 800 FCFA/kg lors de la campagne principale. Avec le prix actuel bord champ et le prix usine d’environ 1 300 FCFA/kg, la perte nette potentielle pourrait dépasser 30 milliards FCFA, selon la Plateforme Ivoirienne pour le Cacao Durable (PICD).

À cela s’ajoutent les coûts liés au stockage et à l’entretien des fèves pour préserver leur qualité, qui accentuent la pression financière sur les coopératives. Cette situation montre combien la filière reste sensible aux fluctuations du marché international et aux décisions nationales sur la fixation des prix, avec des impacts directs sur la rentabilité des producteurs et des coopératives.

Impacts sur les producteurs et la commercialisation

Les producteurs regroupés en coopératives voient leurs revenus affectés par la baisse des prix et la difficulté à écouler les stocks. L’accumulation des volumes non vendus limite leur capacité à financer les prochaines récoltes et à acheter des intrants agricoles essentiels. Certaines coopératives pourraient rencontrer des difficultés à rembourser les avances faites aux producteurs lors de la campagne principale.

Par ailleurs, le stockage prolongé des fèves augmente le risque de détérioration, ce qui pourrait encore réduire la valeur marchande du cacao sur le marché local et international.

Mesures et réformes déjà engagées dans la filière

Pour renforcer la résilience de la filière cacao, plusieurs initiatives ont été mises en œuvre ces dernières années. La mise en place d’un système national de traçabilité permet de suivre les volumes tout au long de la chaîne de production. L’adoption de la norme régionale ARS 1000 sur le cacao durable encadre la production et la commercialisation pour garantir qualité et durabilité.

Des structures interprofessionnelles ont également été créées pour faciliter la coordination entre producteurs, coopératives et autres acteurs du secteur. Ces mesures contribuent à améliorer la gouvernance et la transparence dans la filière, tout en préparant les acteurs à mieux absorber les fluctuations des marchés.

Malgré les difficultés actuelles, le cacao reste un moteur économique majeur pour la Côte d’Ivoire, garantissant des revenus à des millions de producteurs et représentant une part importante du produit intérieur brut du pays.

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