Les données économiques concernant le Sénégal ont été rendues publiques dans les analyses de la Banque africaine de développement consacrées aux perspectives macroéconomiques du pays pour 2025. Ces projections mettent en évidence une accélération significative de l’activité économique, dans un contexte marqué par le début de la production d’hydrocarbures. Elles offrent une lecture globale de la trajectoire macroéconomique du pays, notamment sur la croissance, les prix, les finances publiques et le commerce extérieur.
Une croissance de 8,3 % tirée par les hydrocarbures
En 2025, l’économie sénégalaise connaît une nette accélération de son rythme de croissance, estimée à 8,3 %, contre 6,9 % l’année précédente. Cette performance est principalement portée par le secteur secondaire, qui enregistre une forte progression liée à l’exploitation du pétrole et du gaz. L’industrie extractive devient ainsi le principal moteur de l’économie nationale, transformant progressivement la structure de production du pays.
Dans le même temps, les autres secteurs contribuent de manière plus modérée à cette dynamique. Le secteur primaire poursuit sa progression, notamment grâce à l’agriculture, tandis que le secteur tertiaire reste en croissance plus contenue. Du côté de la demande, la hausse des exportations joue un rôle central, accompagnée par une augmentation de la consommation publique et privée, traduisant une dynamique globale de l’activité économique.
Une inflation contenue dans un contexte de stabilité des prix
L’inflation reste globalement maîtrisée sur la période, s’établissant à 1,4 % en 2025 après 0,8 % en 2024. Cette évolution traduit une relative stabilité des prix malgré les tensions internationales sur les marchés de l’énergie et des produits alimentaires. Le niveau contenu de l’inflation s’explique notamment par les politiques de régulation mises en place et les mécanismes de soutien sur certains produits essentiels, permettant de limiter les variations de prix à la consommation.
Les données macroéconomiques montrent également une amélioration du solde extérieur du Sénégal. Le déficit du compte courant se réduit de manière significative, passant de 13,8 % du PIB en 2024 à 9,2 % en 2025. Cette évolution est principalement liée à la montée en puissance des exportations d’hydrocarbures, qui contribuent à renforcer les entrées de devises et à améliorer la position extérieure du pays. Cette dynamique traduit un début de rééquilibrage structurel, dans un contexte où le Sénégal cherche à réduire sa dépendance aux importations et à renforcer sa base exportatrice.
Des finances publiques encore sous tension
Malgré ces performances économiques, la situation budgétaire demeure contrainte. Le déficit public, bien qu’en amélioration, reste élevé et est estimé à 8,4 % du PIB en 2025 contre 10,9 % un an plus tôt. Cette réduction traduit des efforts d’ajustement, mais les besoins de financement restent importants.
La Banque africaine de développement souligne également que le niveau d’endettement continue de représenter une contrainte majeure pour les autorités. Dans ce contexte, la soutenabilité des finances publiques demeure un enjeu central, notamment dans la gestion des revenus futurs issus du pétrole et du gaz.
Les données de la Banque africaine de développement montrent que le Sénégal s’engage en 2025 dans une phase de forte croissance économique, principalement soutenue par l’exploitation des hydrocarbures. Cette dynamique s’accompagne d’indicateurs macroéconomiques globalement améliorés, notamment sur l’inflation et les comptes extérieurs.
Cependant, la persistance d’un déficit budgétaire élevé et des besoins importants de financement rappelle que cette croissance reste fragile sur le plan structurel. La BAD met ainsi en évidence un enjeu de transformation durable des ressources issues du secteur pétrolier et gazier en stabilité macroéconomique et en développement économique soutenu.
