Le guichet spécial de refinancement permet à la BEAC de fournir des liquidités aux banques pour le financement de projets économiques productifs, à moyen et long terme, distinctement des opérations classiques de liquidité à court terme.
Selon les experts, seuls le Cameroun et le Congo utilisent régulièrement ce mécanisme dans la zone CEMAC, illustrant sa méconnaissance dans la région.
72,5 milliards de FCFA pour Camtel et Bocom via le guichet spécial
Dans le cadre de ce mécanisme, la BEAC a décidé d’allouer 72,5 milliards de FCFA à deux entreprises camerounaises. Camtel, opérateur historique des télécommunications, pour des projets d’infrastructures et de modernisation de son réseau. Bocom, entreprise du secteur industriel, pour le financement de projets productifs stratégiques. Cette injection directe de liquidités via le guichet spécial est une première opération de cette ampleur au Cameroun, qui marque une volonté de la BEAC de soutenir concrètement des projets structurants plutôt que de se limiter aux financements classiques des banques commerciales.
Les implications sont nombreuses. Pour les entreprises : accès facilité à un financement moins coûteux, avec des taux préférentiels, permettant de relancer ou de développer des projets essentiels. Pour l’État camerounais : réduction de la dépendance aux prêts extérieurs et soutien à des secteurs prioritaires pour l’économie nationale. Pour le marché financier : renforcement de la confiance dans les mécanismes régionaux de refinancement et meilleure visibilité pour les investisseurs. Selon les analystes, l’usage du guichet spécial pourrait accélérer le financement de projets structurants, en particulier dans les secteurs de l’énergie, des télécommunications et de l’industrie, tout en envoyant un signal fort aux investisseurs sur l’implication de la BEAC dans l’économie réelle.
Bien que créé il y a près de 40 ans, le guichet spécial reste peu utilisé par les banques de la sous-région. Les experts recommandent de mieux communiquer sur son fonctionnement et ses avantages, afin que davantage de projets productifs bénéficient de ce dispositif, qui combine sécurité financière et impact économique.
