La chaîne de valeur de l’huile de palme au Cameroun s’étend de la production agricole à la transformation industrielle et à la commercialisation. Elle mobilise à la fois de grandes entreprises agro-industrielles, notamment SOCAPALM, SAFACAM, PAMOL Plantations Plc et Cameroon Development Corporation, ainsi qu’un grand nombre de producteurs indépendants.
Malgré ce potentiel, la production nationale reste insuffisante pour satisfaire la demande intérieure, ce qui entraîne un recours régulier aux importations d’huile de palme pour approvisionner les industries et les ménages.
Une production nationale en progression en 2024
Selon les données gouvernementales, la production d’huile de palme brute au Cameroun a atteint 446 984 tonnes en 2024, contre environ 400 000 tonnes en 2023, soit une hausse estimée à 11,7 %. Cette progression intervient dans plusieurs bassins de production, notamment dans les régions du Littoral, du Sud-Ouest et du Centre. Toutefois, la production nationale reste inférieure à la demande locale, estimée à plus d’un million de tonnes par an, ce qui maintient un déficit important sur le marché.
Des fluctuations observées en 2025
Les données disponibles pour 2025 montrent une évolution variable de la production. Au premier trimestre 2025, la production d’huile de palme brute a atteint 77 630 tonnes, portée par la saison de forte récolte. Au deuxième trimestre 2025, elle est revenue à 46 826 tonnes, soit une baisse de 39,7 % par rapport au trimestre précédent et de 16 % en glissement annuel, selon les notes de conjoncture économique. Ces variations sont liées notamment aux cycles agricoles et à la saisonnalité de la production dans les plantations.
Transformation locale et nouveaux projets industriels
Au-delà de la production agricole, la transformation constitue un maillon important de la chaîne de valeur. Plusieurs projets industriels visent à renforcer les capacités de transformation dans les zones de production.
C’est dans ce contexte que l’entreprise OPALM a lancé la construction d’une nouvelle unité industrielle dans le département du Moungo. Selon les responsables de l’entreprise, ce projet vise à rapprocher les infrastructures de transformation des zones de production afin de réduire les pertes et améliorer la valorisation des régimes de palme.
Lors de la cérémonie de lancement des travaux, le représentant de l’entreprise a indiqué que ce projet s’inscrit dans la volonté de renforcer la transformation locale et de soutenir l’activité économique dans le bassin de production.
Les orientations du gouvernement pour la filière
Pour les autorités, le développement de la filière passe par une amélioration de la production agricole et par un meilleur encadrement des producteurs.
Le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Gabriel Mbairobe, souligne notamment la nécessité de renforcer les pratiques agricoles :
Il faut améliorer la conservation des acquis, réhabiliter les plantations et, dans une certaine mesure, augmenter leur extension. Il faut vulgariser l’utilisation du matériel végétal amélioré et des engrais, notamment potassiques.
Selon le ministre, ces mesures doivent permettre d’augmenter la production nationale de plus de 60 000 tonnes supplémentaires, en complément des volumes déjà produits, afin de réduire progressivement le déficit du marché.
Au Cameroun, la filière huile de palme reste marquée par un écart important entre la production nationale et la demande du marché. Si la production a progressé en 2024 et continue d’évoluer en 2025, les autorités misent sur la modernisation des plantations, l’encadrement des producteurs et le développement de nouvelles unités industrielles pour renforcer l’ensemble de la chaîne de valeur dans les prochaines années.