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Burkina Faso : l’État crée l’Académie Technologique du Faso et CIM-SAHEL

Réuni le 2 juillet 2026 sous la présidence du capitaine Ibrahim Traoré, le Conseil des ministres a adopté deux décisions majeures : la création de l'Académie technologique du Faso et celle de CIM-SAHEL, une nouvelle société d'économie mixte destinée à réguler le marché du ciment.

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Ibrahim Traoré

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Ces deux initiatives traduisent la volonté des autorités burkinabè de renforcer les capacités nationales dans deux secteurs jugés stratégiques : le développement technologique et les matériaux de construction. En effet, le Conseil des ministres a approuvé la création de l’Académie technologique du Faso, une institution d’enseignement et de recherche directement rattachée à la Présidence du Faso.

À travers cette nouvelle structure, le gouvernement entend former une élite nationale capable de répondre aux défis de l’innovation, de la transformation numérique et de l’industrialisation. Ce rattachement direct à la Présidence témoigne de l’importance stratégique accordée aux technologies dans la politique de développement du pays.

L’Académie devrait contribuer à la formation de profils hautement qualifiés dans des domaines clés tels que l’intelligence artificielle, les technologies numériques, l’ingénierie ou encore la cybersécurité, autant de compétences considérées comme essentielles pour améliorer la compétitivité de l’économie burkinabè. Au-delà de la formation, cette nouvelle institution pourrait également servir de laboratoire d’innovation au service des administrations publiques, des entreprises nationales et des projets de souveraineté technologique du Burkina Faso.

CIM-SAHEL : 5 milliards de FCFA pour décoller

Le gouvernement a également adopté les statuts de CIM-SAHEL, une société d’économie mixte à participation publique majoritaire, créée pour intervenir sur le marché du ciment. Dotée d’un capital social de 5 milliards de FCFA, la société sera détenue à 60 % par l’État et à 40 % par des investisseurs privés. Cette décision intervient dans un contexte marqué par une forte demande en matériaux de construction, alimentée par la multiplication des projets d’infrastructures et de logements. Les autorités souhaitent ainsi limiter les tensions sur les prix et assurer un approvisionnement régulier du marché.

Selon le gouvernement, CIM-SAHEL aura pour principales missions de garantir la disponibilité du ciment sur l’ensemble du territoire, lutter contre les pratiques spéculatives, proposer des prix plus accessibles aux consommateurs et accompagner le rythme soutenu des investissements publics et privés. L’entrée de l’État dans cette filière traduit une volonté d’exercer une influence plus importante sur un secteur considéré comme stratégique pour la mise en œuvre des grands projets d’infrastructures.

Le marché du ciment au Burkina Faso repose sur une capacité de production nationale estimée à 7,3 millions de tonnes par an, pour une demande intérieure d’environ 4,5 millions de tonnes. Cette capacité est assurée par huit cimenteries, mais le secteur demeure confronté à des défis structurels, notamment la dépendance aux importations de clinker, principal composant du ciment. Pourtant, le pays dispose d’importants gisements de calcaire, matière première essentielle à la fabrication du ciment, dans plusieurs régions du territoire.

Deux décisions au service de la souveraineté économique

Avec la création de l’Académie technologique du Faso et de CIM-SAHEL, le Burkina Faso affiche une stratégie qui combine développement du capital humain et renforcement des capacités industrielles. D’un côté, le pays investit dans la formation des compétences qui devront porter l’économie de demain. De l’autre, il cherche à sécuriser l’approvisionnement en ciment, un intrant essentiel pour les infrastructures, le logement et l’industrialisation. Ces deux décisions illustrent l’ambition des autorités de renforcer le rôle de l’État dans les secteurs jugés déterminants pour la transformation structurelle de l’économie burkinabè.

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