Selon une circulaire du gouvernement du Nigeria consultée par l’agence de presse Reuters, le prix de l’essence a été revu à la hausse passant de 0,71 dollar US (557 nairas) à 0,79 dollar US (617 nairas) le litre, augmentation effective depuis la date du mardi 18 juillet 2023.
Cette nouvelle hausse de prix atteint 11%, alors que le pays le plus peuplé d’Afrique, ne s’est pas encore vraiment remis de l’immense détresse qui s’est emparée de la population consécutivement à une importante hausse qui avait vu le prix de l’essence tripler fin mai à début juin 2023. Le prix de l’essence avait en effet bondi de +200%.
Le nouveau président Bola Tinubu avait en effet signé l’arrêt des subventions aux carburants. Le gouvernement avait mis en œuvre cette mesure de fin des subventions sur les carburants qui ont coûté plus de 10 milliards de dollar US seulement en 2022 et promis aux distributeurs ce qu’ils revendiquent depuis longtemps : laisser le marché déterminer les prix à la pompe.
Jusque-là, avant le mois de juin 2023, l’État fédéral du Nigeria prenait en charge une partie des coûts d’importation des produits pétroliers. Ce qui permettait aux station-services de vendre l’essence à 0,18 dollar US (145 nairas) le litre, le prix alors affiché à la pompe. C’était l’âge d’or du prix du carburant à la pompe, environ deux fois moins que dans les pays voisins, comme le Bénin, et même trois fois moins qu’en Côte d’Ivoire.
Frileux, le gouvernement continue toutefois d’imposer une fourchette de prix de vente, révisable chaque mois, malgré ces annonces d’arrêt des subventions des carburants et la publication subséquente d’une circulaire officielle. Et les distributeurs sont obligés de respecter ces prix fixés. « Autrement, ils risquent de voir leurs station-services fermer. Certains d’entre eux continuent donc de réclamer une libéralisation totale du secteur », rapportent des confrères de RFI.
La toute dernière augmentation des prix du carburant à hauteur de 11% entrée en vigueur le 18 juillet 2023 va probablement engendrer une inflation qui s’est déjà chiffrée à environ 23% au mois de juin 2023 dégradant davantage les conditions de vie dans un pays où 40% de la population vit dans la précarité la plus extrême, selon le Fonds monétaire international.
Au cours des dix dernières années, les autorités ont tenté de supprimer ces subventions à plusieurs reprises. En vain. Chaque fois, elles ont dû faire machine arrière face à la colère de la population, gonflée à bloc par les syndicats.
En 2012, l’armée était même descendue dans les rues pour maintenir le calme lors de manifestations monstres.
Le Nigeria compte quatre raffineries qui du fait de défaillances profondes n’ont jamais vraiment fonctionné. Le pays importe en conséquence plus de 90% du carburant distribué dans tout le pays.
Telle était la situation très paradoxale de l’un des deux plus grands pays producteurs de pétrole brut en Afrique, avant l’entrée en production de la raffinerie que vient de construire le groupe Dangote, d’une capacité de 650 000 barils par jour.
