Or, fer, zircon : 3 clés pour comprendre les enjeux miniers stratégiques du Sénégal

Aux côtés de l’or et du phosphate qui suscitent des intérêts sur le territoire sénégalais, les minerais dits stratégiques devraient bénéficier aussi de toutes les attentions. C’est un appel lancé par le Directeur général de la Société des mines du Sénégal (Somisen), le Dr Ousmane Cissé.

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Au Sénégal, le secteur minier présente des potentialités importantes pour les investisseurs privés. À l’exception des phosphates, de l’or, du zircon et des calcaires industriels, le potentiel minier est largement sous-exploité. Le Gouvernement, en concertation et en étroite collaboration avec les différents acteurs du secteur, a élaboré une politique minière tendant à améliorer le rendement des activités extractives, à attirer des investisseurs nationaux et étrangers et surtout à garantir une production nationale génératrice des richesses et créer des emplois durables. Pour valoriser toutes ses ressources minières, le Sénégal a entrepris une vaste politique d’ouverture du secteur pour développer notamment l’investissement minier étranger.

Le secteur figure parmi les six secteurs prioritaires, du programme gouvernemental intitulé « Plan Sénégal Émergent » (PSE), retenus pour améliorer le taux de croissance du produit intérieur brut. Depuis l’année 2020, le pays est dans une dynamique de production annuelle de 15 à 20 millions de tonnes de minerai de fer, environ 2,5 millions de tonnes de phosphates, 3 millions de tonnes d’acide phosphorique, 17 tonnes d’or et 90 000 tonnes de zircon. Pour atteindre cet objectif, diverses initiatives ont été prises notamment dans le cadre de la réglementation minière. Alors que les codes miniers africains sont régulièrement pointés du doigt pour leur rigidité et l’entrave qu’ils constituent à l’investissement, le Sénégal a révisé le sien en 2016.

Le nouveau code minier vise à renforcer le partenariat gagnant-gagnant, de manière à créer un environnement minier favorable au développement économique durable. Ce code crée un environnement qui assure un équilibre entre la nécessité de mettre en place des mesures incitatives pour attirer, sécuriser et rentabiliser les investissements et la nécessité de prendre davantage en compte les intérêts de l’État et des populations,

déclarait l’ex Premier ministre Mahammed Dionne, à l’ouverture du 4e Salon international des mines (SIM) en 2016.

Positionnement stratégique du Sénégal

Le Sénégal a été un des principaux producteurs de phosphate dans le monde, avec l’exploitation des grands gisements de phosphates de chaux de Taïba, dans la région de Thiès. Le sous-sol sénégalais recèle une grande variété de richesses minérales : fer, or, cuivre, tourbe, cuivre, chrome, phosphates d’alumine, argiles céramiques et industrielles (attapulgite), pierres ornementales (marbre, granite etc.), sables lourds (ilménite, zircon, rutile), sables extra siliceux (sable de verrerie), terres à diatomées, sel gemme, etc. Le Sénégal se prévaut d’un important potentiel minier, mais seuls les phosphates et leurs dérivés (acides et engrais), les matériaux de construction (brique de pierre, ciment, argile, granulats, gypse, sable et gravier) ont jusqu’à présent dominé le secteur.

Des enjeux multiples

Le Gouvernement a mis en place de mesures incitatives permettant le développement d’un secteur minier générateur de richesses, dans le cadre du Code minier. Les objectifs retenus devraient vite être dépassés avec la mise en œuvre des projets du Plan Sénégal Émergent, qui offre des opportunités avérées au secteur privé. Notamment, le développement de la filière phosphate grâce à l’exploitation des gisements de phosphate de Matam et la production d’engrais, le projet intégré des Mines de Fer de la Falémé, l’exploration et exploitation de mines à ciel ouvert, la réhabilitation de lignes de chemins de fer, la construction d’un port minéralier à Bargny.

Zone de référence en matière de services miniers

En outre, le plan ambitionne l’accélération de l’extraction de l’or dans la région de Kédougou et du zircon de la grande côte, la promotion de la mine artisanale pour en faire une véritable opportunité de développement social et économique. La réalisation de ces projets sera facilitée par la mise en place d’un véritable hub minier régional, faisant du Sénégal la zone de référence en matière de services miniers dans la région ouest-africaine, renseigne une fiche d’opportunité sectorielle sur les mines, de investissenegal.com. En plus du Plan Sénégal Émergent, la Lettre de politique sectorielle de développement (2021-2025) du ministère en charge des Mines, conçue en collaboration avec la Direction de la planification du ministère du Plan, de l’Economie et de la Coopération épouse l’ambition de la Société des mines du Sénégal (Somisen).

Celle de promouvoir la diversification des ressources minières et la transformation des produits bruts sur le territoire national, au profit d’une économie plus dynamique pour le bien-être des populations. Le pays a donc créé un climat propice à l’investissement à travers un cadre législatif et réglementaire simple, clair, transparent, flexible, compétitif et non discriminatoire afin d’attirer des investisseurs pour la relance et le développement, aussi bien des filières traditionnelles des phosphates et de la cimenterie que de la recherche et l’exploitation des minerais stratégiques (or, fer, zircon, etc.).

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