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Cameroun : 2,5 milliards de dollars US (1 500 milliards Fcfa) seront empochés par les cacaoculteurs au cours de la campagne qui s’annonce

Le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana annonce des revenus records pour les producteurs de cacao au cours de la campagne qui commence dans quelques semaines. Cela stimulerait l'emploi, la consommation et les investissements dans les zones rurales malgré l'entrée en vigueur, le 30 décembre 2024, du règlement européen visant à lutter contre la déforestation. Dans le même temps, le Cameroun se dit prêt pour les autres marchés, le règlement européen ne valant que pour le marché européen.

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Lors d’une récente réunion d’information entre les membres du gouvernement camerounais concernés par la question de l’entrée en vigueur, le 30 décembre 2024, du règlement européen visant à lutter contre la déforestation et la Délégation de l’Union européenne au Cameroun, le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a exposé les chiffres de la filière cacao : 2,5 milliards de dollars US (1500 milliards de francs CFA) de revenus directs pour les producteurs sur une seule campagne. Selon les experts, à savoir Jean-Claude Ngobo, économiste :

L’augmentation de la production cacaoyère aurait un effet multiplicateur sur l’ensemble de l’économie. Cela stimulerait l’emploi, la consommation et les investissements dans les zones rurales. Passer de 300 000 à 500 000 tonnes par an injecterait 2500 milliards de francs CFA dans l’économie. C’est colossal !

relève-t-il.

Le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana ne cache pas son enthousiasme :

Tout cet argent rentrera directement dans le circuit national. Une véritable bouffée d’oxygène pour l’économie.

Comme le membre du gouvernement, l’analyste financière, Marie Fouda parie sur les retombées de cette embellie et sur les enjeux de transformation de tout le pays :

L’augmentation de la production de cacao aurait un effet domino sur l’ensemble de l’économie. Cela créerait des emplois, stimulerait la consommation et pourrait même attirer des investisseurs étrangers.

Bien plus, l’euphorie ambiante n’épargne pas les producteurs, parfaitement au fait de l’enjeu important de l’augmentation de la production. Paul Essomba, cacaoculteur dans le département de la Lékié, région du Centre du Cameroun,en vient à caresser des projets à court terme :

Avec plus de revenus, nous pourrions enfin envoyer nos enfants à l’université, rénover nos maisons, acheter du matériel agricole moderne.

Faut-il le rappeler ? 78% des exportations de cacao du Cameroun sont destinées vers l’Union européenne. Les enjeux du règlement européen sont donc importants pour la filière cacao dans un contexte de régulation européenne accrue, où il faut concilier ambitions économiques et exigences environnementales.

Pour y répondre, le gouvernement camerounais brandit la solution de l’agroforesterie, spécificité camerounaise qui trancherait avec les pratiques des géants ouest-africains. Un argument de poids pour tenter de convaincre l’Union européenne de la vertu écologique du cacao made in Cameroun.

Le Cameroun joue en effet gros. Entre enjeu économique vital et défi environnemental, le pays se dit prêt et a d’ailleurs pris toutes les dispositions nécessaires.

Notre pays a pris le lead du plaidoyer auprès de la Commission européenne,

se félicite le ministre Mbarga Atangana. Une démarche qui semble porter ses fruits, la Commission ayant accepté de financer des activités liées au cacao agroforestier. Entre 2021 et 2023, le Cameroun a engagé un dialogue avec l’Union européenne dans le cadre des “Cocoa Talks”. Objectif : définir les actions nécessaires pour se conformer à la nouvelle réglementation. Le pays bénéficie du soutien d’organismes tels que le Cirad et la FAO dans cette entreprise.

Mais comme le relèvent les experts, mettant ainsi un bémol aux enjeux énoncés plus haut, le règlement européen visant à lutter contre la déforestation ne vaut que pour le marché européen. Le Cameroun se dit également prêt pour les autres marchés. Dans les plantations comme dans les ministères, le mot d’ordre est clair : produire plus pour vivre mieux. Le Cameroun est prêt à parier gros sur son or brun. Vivement maintenant que la production suive d’autant plus que les autres marchés sont tout aussi captifs que celui de l’Union européenne, souffle une source de Invest-Time.

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