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Cemac-Uemoa : le secteur bancaire bien qu’en nette croissance en Afrique centrale, reste moins performant qu’en Afrique de l’Ouest malgré sa légère détérioration en 2023

Dans son rapport publié, fin avril 2025 sur la banque et la microfinance en zone Cemac, Africa Bright Securities met en lumière les performances du secteur bancaire de l’Afrique centrale en 2023. La Rédaction d’Investi-Time propose une étude comparative avec le système bancaire dans la zone Uemoa.

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L’activité bancaire au sein de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) est en pleine croissance. Entre 2019 et 2023, elle a progressé de 12,3%, passant de 24,392 milliards de dollars US (14 093 milliards FCFA) à 38,772 milliards de dollars US (22 401 milliards FCFA) au cours de la période indiquée, selon le rapport de Africa Bright Securities d’avril 2025 sur « l’Analyse sectorielle la banque et la microfinance en zone Cemac ». Cette performance positive s’accompagne par une amélioration du poids du secteur bancaire dans l’économie de la sous-région. Laquelle amélioration est passée de 26% en 2019 à 35% en 2023.

Contrairement à la Cemac, l’activité du système bancaire au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) est marquée par une légère détérioration de la qualité du portefeuille des assujettis en 2023, comparée à l’année 2022. Selon le rapport annuel 2023 de la Commission bancaire de l’Uemoa, 19 compagnies financières de la sous-région ont enregistré un total bilan de 85,890 milliards de dollars US (49.623,3 milliards de FCFA), en baisse de 2,3% sur l’année. Le même rapport indique que les six Établissements bancaires d’importance systémique (Ebis) affichent un total bilan de 68,683 milliards de dollars US (39.681,8 milliards de FCFA), soit 81,7% de l’ensemble des actifs des compagnies financières. Ce pourcentage est en hausse par rapport à celui de 2022 (80,0%).

Un réseau bancaire de la Cemac peu développé par rapport à l’Afrique de l’Ouest

La sous-région Afrique centrale dispose d’un réseau bancaire assez important. Le système bancaire de la Cemac comptait 54 banques agréées au 31 décembre 2023. Ceci, avec plus de 4,7 millions de comptes bancaires ouverts et plus de 730 points de service (agences et GAB/DAB). Les chiffres publiés en décembre 2022 indiquent que le taux de bancarisation strict de la zone s’est ainsi établi à plus de 14% avec une densité d’environ 1,2 agence pour 100 000 habitants.

En comparaison, le secteur bancaire de l’Uemoa affiche une structure plus avancée. La sous-région enregistre près de 22,67 millions de comptes bancaires domiciliés dans environ 136 banques et plus de 8 400 points de service, selon le rapport de Africa Bright Securities.

Grâce à ces données, la zone Uemoa présente un taux de bancarisation strict d’environ 26% et une densité de 5,9 agences pour 100 000 habitants, largement au-dessus de la Cemac. « Une analyse croisée permet de mettre en avant le fait que la structure du secteur bancaire en zone Cemac reste peu développée par rapport à l’Uemoa », peut-on lire dans le rapport d’avril 2025 de Africa Bright Securities. Une réflexion qui met en perspective un niveau de pénétration du secteur bancaire pas assez optimal en zone Cemac, principalement due au faible niveau de développement, aussi bien du réseau bancaire que du taux de bancarisation de la zone, d’après le même rapport.

Cemac-Uemoa : terrains fertiles pour les microfinances

En zone Cemac comme en zone Uemoa, les Etablissements de microfinances (EMF) représentent une part importante. Malgré le recul observé en 2020 du fait du ralentissement économique en raison de la crise du Covid 19, l’activité de ce secteur a été marquée par une évolution positive entre 2019 et 2023. Le total bilan des EMF est passé ainsi de 2,620 milliards de dollars US (1 514 milliards FCFA) en 2019 à 2,462 milliards de dollars US (1 423 milliards de FCFA) en 2021 pour s’établir à 1 946 milliards FCFA en 2023, soit une progression annuelle moyenne de 6,5 %, selon Africa Bright Securities. Cependant, la contribution des EMF à l’ensemble du total bilan des banques et EMF réunis reste marginale. Dans cet ensemble, ils représentent en moyenne 9%.

Cette progression est portée par bon nombre d’opérations avec la clientèle. Sur la période 2019-2023, les dépôts sont passés de 1,433 milliards de dollars US (828 milliards FCFA) à 2,577 milliards de dollars US (1 489 milliards FCFA), affichant ainsi un taux de croissance annuel moyen de 15,8%. Une évolution est également à noter dans le volume net de crédits accordés par les EMF dans la zone Cemac. Ce volume est passé de 806,576 millions de dollars US (466 milliards FCFA) à 1,516 milliards de dollars US (876 milliards FCFA), soit un taux de croissance annuel moyen de 17,1%. D’après Africa Bright Securities, cette évolution reflète une accélération du volume des crédits à un rythme supérieur à celui des dépôts. Il s’est matérialisé par une hausse du ratio crédits/dépôts (C/D) de trois points de pourcentage, passant de 56% à fin 2019 à 59% en 2023, après avoir atteint un pic de 63 % en 2022 lors de la reprise économique post crise COVID-19.

Croissance positive en Afrique de l’Ouest

En Afrique de l’Ouest, la participation des microfinances dans l’économie n’est pas moins importante. L’encours des dépôts collectés par les institutions de microfinance a connu un accroissement de 76,503 millions de dollars US (44,2 milliards FCFA) (soit +2,1%) au deuxième trimestre 2024, pour s’établir à 3,778 milliards de dollars US (2.182,8 milliards FCFA), selon Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao). Un chiffre en hausse par rapport au premier trimestre de la même année où il était estimé à 3,358 milliards de dollars US (1.940,6 milliards FCFA) un an plus tôt, soit une hausse de 12,5% en glissement annuel. Cette progression s’observe dans bon nombre de pays : Côte d’Ivoire (+24,2 milliards FCFA, soit +4,6%), Burkina (+12,1 milliards FCFA, +3,1%), Togo (+10,7 milliards FCFA, +3,0%), Bénin (+4,5 milliards FCFA, +2,4%), Mali (+675,7 millions FCFA, +0,4%), Niger (+128,6 millions FCFA, soit +0,4%) et Guinée-Bissau (+93,4 mille FCFA, +0,1%).

521 établissements de microfinances agréés en Afrique centrale

À côté des banques, les microfinances. Le réseau de ces institutions compte en Afrique centrale 521 établissements agréés et en activité, avec plus de 3,5 millions de comptes clients et plus de 2 500 points de services (agences, succursales…) au 31 décembre 2023. Comparé à l’Uemoa, ce nombre est de 540 établissements à la même période. Toutefois, le nombre de clients gérés (comptes) est plus élevé en Uemoa par rapport à la zone Cemac, avec plus de 18 millions de comptes clients et plus de 4 700 points de services.

Toutefois, rapporté à la population, le nombre d’établissements de microfinance en zone Cemac serait plus élevé qu’en zone Uemoa avec respectivement environ 8,2 et 3,7 établissements pour un million d’habitants. Avec 384 établissements (environ 74% du nombre total), le Cameroun concentre la majorité des établissements de microfinance de la Cemac. Le Tchad constitue le second marché du secteur de la microfinance avec 59 établissements en 2023.

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