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Ghana : comment le pilotage du FMI a relancé l’économie

Sorti d’une crise économique sévère en 2022, le Ghana affiche aujourd’hui l’une des reprises économiques les plus remarquables d’Afrique subsaharienne. Soutenu par un programme de 3 milliards de dollars du Fonds Monétaire International (FMI), et une série de réformes structurelles rigoureuses, le pays a rétabli la stabilité macroéconomique, restauré la confiance des investisseurs, et vu son marché boursier s’envoler.

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En 2022, le Ghana était confronté à une crise multidimensionnelle marquée par un endettement insoutenable, une inflation galopante et une chute des réserves de change. Selon le ministère ghanéen des Finances, la dette publique avait atteint 82,1% du PIB, tandis que l’inflation culminait à 54,1% en décembre, selon le Ghana Statistical Service. Les déficits jumeaux  budgétaire et courant  dépassaient les seuils critiques, et les réserves en devises ne couvraient que 2,1 mois d’importations. En réponse, le gouvernement suspend le service de sa dette extérieure, et entame des discussions avec le FMI pour un programme de redressement.

Un plan de sauvetage conditionné à des réformes profondes

En mai 2023, le FMI approuve un programme de Facilité Elargie de Crédit (FEC) d’un montant de 3 milliards de dollars étalé sur trois ans. Ce programme prévoit plusieurs réformes structurelles incontournables : réduction drastique du déficit budgétaire ; élargissement de l’assiette fiscale ; gel des recrutements publics ; réforme du secteur énergétique, et surtout, restructuration de la dette intérieure et extérieure. Le programme prévoit également une transition vers des subventions ciblées pour préserver les couches vulnérables.

Une reprise économique impressionnante et mesurable

Dès 2023, les premiers signes de stabilisation apparaissent. La croissance passe de 3,1% en 2022 à 4,3% en 2023, pour atteindre 6,9% au second trimestre 2024, selon la Bank of Ghana. L’inflation, elle, passe sous la barre des 25%, fin 2024, contre plus de 54% deux ans plus tôt. Les réserves de change remontent à 4,5 mois d’importations, et le solde courant redevient excédentaire. Ces résultats sont salués par le FMI dans sa deuxième revue du programme.

Un marché boursier dopé par la confiance retrouvée

La Ghana Stock Exchange (GSE) a enregistré une performance exceptionnelle en 2024. L’indice GSE Composite a progressé de 28,08% en monnaie locale et de 56,17 % en dollar américain, selon le quotidien économique, Graphic Business. Les titres d’entreprises comme Unilever Ghana (+140 %), MTN Ghana (+53 %) ou Ecobank Ghana (+45 %) ont attiré massivement les investisseurs locaux et étrangers. Cette dynamique témoigne d’un retour de la confiance dans l’économie ghanéenne.

Conscient du risque social, le gouvernement ghanéen a renforcé les dispositifs de protection. Le programme LEAP (Livelihood Empowerment Against Poverty) a vu son financement doubler entre 2022 et 2024.

Plus de 350 000 ménages reçoivent désormais des transferts monétaires ciblés. Les investissements dans la santé publique ont aussi été renforcés. Selon l’économiste, Kwabena Mensah, ce programme est une version « socialement responsable » de l’ajustement structurel, tirant les leçons des erreurs du passé.

Un modèle duplicable sous conditions strictes

Le redressement ghanéen repose sur des conditions spécifiques : une dette restructurée, via le Cadre commun du G20, une volonté politique forte, une stabilité institutionnelle et un partenariat solide avec les bailleurs de fonds. Des pays comme la Zambie ou l’Éthiopie, également engagés dans des discussions avec le FMI, peuvent s’en inspirer.

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