Quels sont les principaux défis rencontrés dans la formation aux métiers de la Poste en Côte d’Ivoire ?
Les défis sont pluriels. Depuis ces dernières années, le secteur postal ivoirien connaît un certain nombre de mutations. Il est en pleine évolution. Cela pose donc comme premier défi aux écoles de formation aux métiers de la poste comme la nôtre, l’obligation de s’inscrire dans un processus d’amélioration continue, de révision de ses différents curricula afin d’adapter les contenus pendant la formation de nos jeunes. Ceci, en liaison avec les dernières évolutions du secteur.
- Quels sont les principaux défis rencontrés dans la formation aux métiers de la Poste en Côte d’Ivoire ?
- Comment l’Ecole multinationale supérieure de Postes d’Abidjan (Emsp) adapte-t-elle ses programmes aux évolutions du secteur postal en Côte d’Ivoire ?
- Quelles sont les opportunités de carrière pour les diplômés des formations postales en Côte d’Ivoire ?
- Comment l’Emsp prépare-t-elle ses étudiants à l’auto-emploi ?
- Quel est l’impact de la digitalisation sur la formation aux métiers de la poste ?
- Comment le numérique a influencé l’offre de formation à l’Emsp d’Abidjan ?
- Quels sont vos projets futurs pour améliorer la qualité et l’accessibilité de la formation postale en Côte d’Ivoire ?
Deuxième défi, le coût de la formation. Du côté de la demande, la plupart des opérateurs postaux éprouvant le besoin de renforcer les capacités de leur personnel sont confrontés aux difficultés liées à la mobilisation des ressources pour financer la formation de leurs employés.
Comment l’Ecole multinationale supérieure de Postes d’Abidjan (Emsp) adapte-t-elle ses programmes aux évolutions du secteur postal en Côte d’Ivoire ?
Il y a quelques années, le e-commerce n’existait pas. Le concept était nouveau. Le e-business n’existait pas. Ce sont des concepts nouveaux qui pourtant impactent la vie quotidienne de l’industrie postale. Raison pour laquelle l’Emsp a l’obligation de faire de la veille pédagogique. Cela nous permet d’être à l’affût des changements majeurs qui touchent le secteur postal en Côte d’Ivoire. Une telle démarche nous permet de développer des programmes de formation à même de renforcer les capacités des professionnels de la poste avec des contenus à jour, répondant à des problématiques d’actualité.
Quelles sont les opportunités de carrière pour les diplômés des formations postales en Côte d’Ivoire ?
Les opportunités sont multiples. Depuis la libéralisation du secteur postal il y a une dizaine d’années, plusieurs pôles se dessinent en termes de perspective de carrière. Autrefois, l’opérateur public, La Poste de Côte d’Ivoire était peut-être l’unique destination pour les professionnels formés. Depuis la libéralisation du secteur, les diplômés de l’Emsp d’Abidjan peuvent désormais frapper aux portes des opérateurs postaux privés (DHL, Coditrans, etc.) autorisés par l’Autorité de régulation des télécommunications/TIC (Artci) à délivrer des prestations postales en Côte d’Ivoire.
Au-delà de cela, nous avons d’autres acteurs institutionnels pourvoyeurs d’emplois. C’est le cas de l’Artci qui dispose d’un plan de régulation de l’activité postale en son sein. Il faut des Hommes pour travailler sur le marché postal, sur la régulation de ce marché.
Nous avons le ministère qui a pour rôle de définir la réglementation et les politiques publiques concernant le secteur postal. Là également, il y a une possibilité de carrière. Cependant, les jeunes peuvent choisir l’option de l’auto-emploi. La ville d’Abidjan à elle seule compte de nombreux livreurs qui se sont lancés dans cette activité avec ou sans formation. Voilà autant de possibilités pour les jeunes sortis de l’Emsp.
Comment l’Emsp prépare-t-elle ses étudiants à l’auto-emploi ?
Nos curricula de formations comportent des modules totalement orientés vers l’entrepreneuriat, le leadership, le développement personnel. Nous ne sommes pas restés figés sur des modules orientés métier. Il y a tout ce qui peut être important pour développer des aptitudes chez nos apprenants afin qu’ils puissent se prendre en charge eux-mêmes.
Quel est l’impact de la digitalisation sur la formation aux métiers de la poste ?
Il faut qu’on démystifie définitivement la perception que l’on peut avoir du numérique sur l’activité postale. À l’Emsp, nous voyons le verre à moitié plein par rapport à l’impact du numérique sur les métiers de la poste. Cela nous crée énormément d’opportunités : développer de nouvelles compétences, améliorer les prestations de services postaux déjà existantes et améliorer la gestion interne des entreprises postales. Le numérique est quelque chose de transversal qui impacte tous les métiers. Sachons en faire un bon usage. Le numérique a dynamité le marché des colis et des paquets avec l’avènement du commerce électronique. Nous sommes toujours dans le domaine de la poste.
Comment le numérique a influencé l’offre de formation à l’Emsp d’Abidjan ?
Nous sommes dans une posture de veille pédagogique. Cela implique que nous mettons à jour nos programmes de formation au sein de notre école à chaque fois qu’il y a des innovations au niveau du macro environnement du secteur postal en Côte d’Ivoire. Nous avons dans notre établissement des modules qui n’existaient pas il y a huit ans. Nous avons un module porté sur le paiement mobile. Nous sommes toujours dans le numérique. Nous enseignons également le commerce électronique, la monétique, le e-business entre autres. Nous avons plusieurs autres modules comme ceux-ci, orientés vers l’économie numérique.
Au-delà de cela, depuis 2023, sous l’impulsion de notre conseil d’administration, nous avons pris l’option de diversifier notre offre de formation. Nous continuons de former des professionnels aux parcours orientés vers les métiers de la poste. À côté, nous avons lancé une nouvelle offre de formation post baccalauréat (depuis 2023).
Elle cible les bacheliers désireux de faire des licences, des masters ou encore des doctorats dans le domaine du management de l’économie numérique avec comme filières phares le markéting digital, la finance digitale, la logistique numérique, la digitalisation des services.
Quels sont vos projets futurs pour améliorer la qualité et l’accessibilité de la formation postale en Côte d’Ivoire ?
Au sujet des formations orientées sur les métiers de la poste, les perspectives sont bonnes dans la mesure où le marché de la poste connaît beaucoup de bouleversements à la faveur de l’avènement du commerce électronique. De nos jours, tous les livreurs et toutes les entreprises comme Jumia spécialisées dans l’intermédiation sont de nouveaux acteurs qui ont fait irruption sur le marché postal classique. Tous ceux-là offrent des opportunités à l’école de se pencher sur les besoins de ces acteurs qui travaillent parfois sans avoir les compétences et les outils nécessaires pour exercer l’activité.
