Au lendemain de la pose de la première pierre d’une Zone d’Activités Industrielles et Portuaires (ZAIP) à Missolè 1, le Premier ministre du Cameroun Chief Dr Joseph Dion Ngute, a procédé ce vendredi 25 juillet 2025 à la pose de la première pierre de la construction d’un quai et d’un terminal mixte vraquier du côté du Port de Douala-Bonabéri. Une cérémonie historique pour le secteur portuaire camerounais. Le financement du projet évalué à un coût de 282 milliards de FCFA avait été présenté le 28 mai dernier par l’entreprise de projet Africa Ports Developement (APD). Il s’agit précisément d’un partenariat public-privé (PPP) de type BOT (Build-Operate-Transfer) qui facilitera un financement transparent et durable. S’inscrivant dans l’exploitation du Schéma Directeur de Développement 2020-2050, ce projet est une initiative instaurée par le régime en place.
Dans cette ambition de remédier à la saturation progressive de ses infrastructures existantes, le Port Autonome de Douala (PAD) a surfé sur un modèle novateur de partenariat public-privé de type BOT, qui permet surtout d’associer des partenaires privés solides au financement des infrastructures, sans sollicitation directe du budget de l’État. La construction du terminal vraquier, infrastructure de nouvelle génération vient répondre aux besoins de la Zone industrielle de Bonabéri et renforcer l’attractivité logistique de la façade atlantique camerounaise. C’est dans cette logique que le premier ministre camerounais a martelé dans son discours de circonstance que
sur le plan de la compétitivité, les ports dotés d’infrastructures modernes peuvent mieux répondre aux normes internationales en matière de sécurité, de durabilité et de digitalisation .
Les outils du terminal vraquier mixte
Le projet qui s’étendra sur 36 hectares donnera naissance à un quai de 900 mètres linéaires, accompagné d’équipements de manutention à la pointe de la technologie entre autres, des silos d’une capacité totale de 60 000 tonnes, six magasins totalisant 31 000 m², un réseau de voiries, des voies ferrées, des conduites pour gaz, un système anti-incendie et bien d’autres. Prévu sur une durée de cinq ans, ce vaste projet concrétise la vision du chef de l’état qui est celle de faire du PAD, le Port de Référence au Cœur du Golfe de Guinée. Sur cette rive droite du Wouri, le nouveau pôle portuaire et industriel sera à la fois un levier de développement local et un accélérateur de la compétitivité nationale. Dans son propos de circonstance, le Directeur Général du PAD a réaffirmé l’ambition de positionner
le Port de Douala-Bonabéri comme un hub logistique de référence en Afrique centrale, et au-delà .
L’aspect économique du projet
Les chiffres parlants, ce projet de construction structurant aura des retombées économiques importantes, le chantier de construction et l’exploitation du terminal va générer plus de 4000 emplois directs et indirects une fois sa vitesse de croisière atteinte. Durant les 25 années d’exploitation prévues sous le partenariat de type BOT, l’État du Cameroun pourra tirer des revenus globaux estimés à 258 milliards de FCFA, dont des impôts et taxes s’élevant à 152 milliards de FCFA, et les redevances du PAD s’élevant à 106 milliards de FCFA. Dans les projections d’accroissement du trafic portuaire, un volume initial de 1,5 million de tonnes est probable dès 2026, porté à 5 millions en 2030, puis 7,5 millions en 2035, avec un objectif de plus de 10 millions de tonnes à long terme.
Avec ce flux, la physionomie du port sera transformée et l’actuel terminal à bois va accueillir temporairement le trafic en attendant l’achèvement du nouveau terminal vraquier. Ce processus s’accompagnera du transfert planifié des activités liées au bois vers la Zone Logistique Multimodale de la Dibamba, dont la mise en œuvre débutera dès l’année prochaine. En rappel, le premier ministre Joseph Dion Ngute faisait encore le déplacement de Douala le 13 octobre 2020 pour procéder à l’inauguration des engins nautiques de servitude et de dragage nouvellement acquis par le PAD dans le cadre de l’autonomisation du dragage sur le chenal d’accès du Port de Douala-Bonabéri. Aujourd’hui, c’est une nouvelle ère qui s’ouvre avec le lancement de ces nouvelles infrastructures innovants et prometteurs.
