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Gabon : vers la nationalisation de certains métiers et l’interdiction du commerce informel aux étrangers

Commerce de proximité, envoi d’argent non agréé, réparation d’appareils, coiffure et soins esthétiques de rue, orpaillage artisanal entre autres. Le gouvernement gabonais compte fermer l’accès sans enregistrement préalable aux petits métiers aux étrangers, en faveur des gabonais . Cette volonté a été manifestée lors du Conseil des ministres tenu le 12 août 2024 à Libreville sous la présidence du Chef de l’Etat.

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C’est une mesure considérée par certains comme un coup d’accélération dans la course vers la souveraineté de l’économie gabonaise. En effet, dans ce pays d’Afrique centrale dont la population est estimé à environs 2,5 millions d’habitants, certains métiers seront bientôt  réservés exclusivement aux nationaux. C’est l’une des questions abordée lors du récent Conseil des ministres tenu au Palais de la Présidence de la République, sous la houlette du président Brice Clotaire Oligui Nguema.

Dans le prolongement des actions engagées pour renforcer la  souveraineté économique et promouvoir l’entrepreneuriat national,  notamment celui des jeunes, le Conseil a décidé de réviser la  réglementation sur les métiers réservés aux nationaux afin d’en garantir  l’exercice exclusif par les Gabonais, y compris dans les secteurs  émergents tels que le commerce numérique et l’entrepreneuriat  moderne. Des rapports réguliers seront exigés pour en assurer  l’application effective

indique le communiqué final du Conseil.

Abordant la question du commerce informel, le Conseil a constaté que ce secteur, bien que dynamique, échappe souvent au cadre légal et pénalise les entrepreneurs nationaux, en particulier les jeunes et les femmes.

Une part importante de ces activités étant exercée par des  opérateurs étrangers, le Conseil interdit désormais à ces derniers  l’exercice de certaines activités de petite envergure : commerce de  proximité, envoi d’argent non agréé, réparation de téléphones et petits  appareils, coiffure et soins esthétiques de rue, orpaillage artisanal non  autorisé, intermédiation informelle dans l’achat de récoltes, exploitation  de petits ateliers ou machines de jeux sans enregistrement

peut-on lire sur le communiqué final consulté par la rédaction d’Invest-Time

Organiser et  rééquilibrer le commerce informel

D’après le porte parole du gouvernement, la Ministre de la Mer, de la Pêche et de l’Économie Bleue, Laurence Ndong, cette mesure sera mise en œuvre progressivement avec une période  transitoire et l’appui des collectivités locales. L’objectif est d’organiser et  rééquilibrer le commerce informel, tout en accompagnant les opérateurs  nationaux vers la formalisation grâce à des procédures simplifiées, un  appui technique et fiscal, et des dispositifs de financement adaptés.

Ces réformes visent un objectif central : offrir aux Gabonaises et aux  Gabonais, et en priorité à la jeunesse, les moyens de leur  autonomie économique, condition essentielle pour éradiquer  durablement la pauvreté

Laurence Ndong

400 milliards de Fcfa qui échappe au contrôle de l’Etat

Notons qu’au Gabon, le secteur commercial est fortement marqué par le développement de l’informel. Selon un classement publié par le Fonds monétaire international (FMI) en mai 2017,le Gabon était le pays d’Afrique centrale où le secteur informel est le plus important. Le pays avait été classé 33e sur 37 pays étudiés et le secteur informel y représentait entre 40 et 50 % du PIB. Une situation qui ne facilite pas l’identification et l’encadrement des activités commerciales. D’après une source fiable, le secteur informel recensait environ 200.000 opérateurs économiques sur le territoire national en 2021, causant ainsi, des pertes d’environ 709, 8 millions USD (400 milliards de Fcfa) sur le budget de l’Etat.

Pour tenter de résoudre cela,  le pays avait par le passé opté pour la la délivrance de deux identifiants majeurs à savoir les cartes de commerçant et de l’entreprenant ainsi que l’établissement de ses identifiants. Cela visait à améliorer l’environnement des affaires par la régularisation des activités informelles ; faciliter l’identification des commerçants et entreprenants par les administrations. 

 

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