Portée par plusieurs banques multilatérales de développement, dont la Banque africaine de développement (BAD), cette nouvelle plateforme marque une étape stratégique dans la coopération internationale pour renforcer la résilience des systèmes agricoles. Le président de la BAD, Dr Sidy Ould Tah, a salué ce « chapitre nouveau » de la collaboration entre institutions mondiales, soulignant que :
l’agriculture demeure le levier le plus puissant pour créer des emplois, notamment pour une jeunesse africaine en forte expansion démographique.
Un prolongement de la dynamique “Mission 300”
AgriConnect s’inscrit dans la continuité du pacte énergétique « Mission 300 », lancé en septembre dernier pour connecter 300 millions d’Africains à l’électricité. Après l’énergie, l’accent est désormais mis sur le secteur agricole, avec un objectif clair : faire émerger une Afrique souveraine et résiliente sur le plan alimentaire.
Selon la Banque mondiale, 500 millions de petits exploitants produisent aujourd’hui l’essentiel de l’alimentation mondiale. Mais sans accès aux financements, marchés et technologies, beaucoup restent prisonniers de la pauvreté rurale.
D’où l’intérêt d’AgriConnect, qui mise sur le financement mixte (blended finance), la digitalisation, et l’appui aux petits producteurs pour transformer leurs exploitations en véritables entreprises rurales.
Des résultats déjà visibles grâce à la stratégie “Feed Africa”
La Banque africaine de développement revendique déjà des résultats concrets à travers sa stratégie Feed Africa :74 millions de personnes sorties de l’insécurité alimentaire ; 11 millions de petits agriculteurs ayant adopté des technologies innovantes et rentables.
Cependant, le Dr Ould Tah rappelle l’urgence d’intensifier les efforts : « Une personne sur trois reste en situation d’insécurité alimentaire sur le continent, et d’ici 2050, 450 millions de jeunes arriveront sur le marché du travail. »
Le Sénégal présente sa feuille de route à AgriConnect 2025
Lors du forum AgriConnect 2025, le Sénégal a présenté une vision agricole ambitieuse sous la conduite du ministre de l’Agriculture, Dr Mabouba Diagne.
Sous l’impulsion du Président Bassirou Diomaye Faye et du Premier ministre Ousmane Sonko, l’État a fait de l’agriculture un pilier central du projet de société, avec un investissement record de 130 milliards FCFA prévu en 2025.
Cette vision s’inscrit dans l’Agenda « Sénégal 2050 », articulée autour de :la souveraineté alimentaire, la modernisation des outils de production, la création d’emplois durables, et la mise en place d’une plateforme AgriConnect Sénégal, destinée à connecter producteurs, institutions et investisseurs.
Le ministre a chiffré les besoins à 2 000 milliards FCFA sur dix ans, appelant les partenaires à mutualiser leurs efforts autour de cette plateforme pour maximiser l’impact des initiatives.
Produire au Sénégal ce que le pays consomme est un impératif de souveraineté et de dignité nationale
, a-t-il affirmé. La Guinée défend son potentiel agricole et minier
En parallèle des assemblées de Washington, la mission gouvernementale guinéenne, dirigée par le ministre de l’Économie et des Finances Mourana Soumah, a présenté les atouts économiques de la Guinée et les opportunités d’investissement du Programme Simandou 2040.
L’équipe a aussi salué les perspectives agricoles offertes par AgriConnect, notamment pour financer la modernisation des filières vivrières et appuyer l’emploi des jeunes.
L’Administrateur pays au FMI, Wautabouna Ouattara, a félicité la Guinée pour ses performances macroéconomiques, la baisse de l’inflation et la reconstitution des réserves de change, autant de signaux encourageants pour attirer les investisseurs dans le secteur agricole.
Le Cameroun face au défi de la sécurité alimentaire
Selon le ministère camerounais de l’Agriculture (Minader), 3 millions de Camerounais étaient affectés par l’insécurité alimentaire fin mars 2023.
Les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest en paient le prix du conflit sociopolitique, tandis que l’Extrême-Nord subit les effets dévastateurs du changement climatique : sécheresse, manque d’eau, et inondations répétées.
Pour le pays, l’initiative AgriConnect représente une opportunité stratégique de renforcer la résilience des exploitants face aux chocs climatiques et de relancer la production vivrière par la digitalisation et la mécanisation intelligente.
Une Afrique en marche vers sa souveraineté agricole
Entre innovation, financement et partenariats stratégiques, AgriConnect symbolise la nouvelle génération d’initiatives africaines centrées sur l’autonomie économique et la transformation rurale.
Son ambition : relier la jeunesse, les femmes et les communautés rurales à une agriculture moderne, durable et créatrice de valeur.
Ensemble, nous pouvons apporter un changement durable pour les agriculteurs, les systèmes alimentaires et l’avenir du continent
Dr Sidy Ould Tah, Président de la BAD