Cette rencontre, présidée par Denis Sassou-Nguesso, Président de la République du Congo et Président en exercice de la Conférence des chefs d’États de la CEMAC, s’inscrit dans un contexte de pression persistante sur les équilibres financiers des États membres et de suivi renforcé des engagements communautaires.
Selon le communiqué final, les chefs d’État ont décidé d’accélérer la mise en place des Comptes Uniques du Trésor (CUT) et la digitalisation des finances publiques, avec pour objectif d’améliorer la traçabilité des recettes, la maîtrise des dépenses et la transparence budgétaire.
Autre mesure centrale : le rapatriement dans la zone CEMAC des avoirs détenus à l’extérieur, notamment les recettes d’exportation des entreprises, en particulier celles du secteur extractif. Cette orientation vise à soutenir les réserves de change et à renforcer la soutenabilité extérieure de la zone monétaire. Les chefs d’État ont également appelé à poursuivre et finaliser les négociations avec les industries extractives concernant le rapatriement des fonds destinés à la restauration des sites pétroliers, un enjeu à la fois financier et stratégique pour la sous-région.
Le communiqué réaffirme la volonté des États membres de préserver l’indépendance de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) et de renforcer le rôle de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC) dans la supervision du secteur financier. À moyen terme, la Conférence des Chefs d’États de la CEMAC a prescrit des actions visant à assainir le secteur bancaire, notamment par la réduction de l’exposition des banques au risque souverain, afin de limiter les vulnérabilités systémiques et sécuriser les investissements dans la zone.
Les chefs d’État ont par ailleurs souligné la nécessité de renforcer le rôle de la Banque de Développement des États de l’Afrique Centrale (BDEAC) dans le financement de la transformation structurelle des économies de la CEMAC.
L’accélération de la stratégie communautaire d’import-substitution figure également parmi les axes retenus, avec pour objectif de réduire la dépendance aux importations, soutenir la production locale et améliorer la balance commerciale régionale.
Pour assurer une mise en œuvre effective des décisions prises, la Conférence des Chefs d’États de la CEMAC a décidé de renforcer le Secrétariat du Programme des Réformes Économiques et Financières (PREF-CEMAC). Celui-ci est chargé de conduire des évaluations trimestrielles et de produire le rapport du premier trimestre 2026 avant les Assemblées de printemps du FMI et de la Banque mondiale. Cette orientation traduit la volonté des États membres de maintenir un dialogue structuré avec les partenaires techniques et financiers, dans un contexte de surveillance accrue des politiques économiques de la sous-région.
Au-delà des annonces, cette session extraordinaire traduit une volonté d’accélérer l’exécution des réformes économiques et financières au sein de la CEMAC. Les orientations arrêtées mettent l’accent sur la préservation des équilibres macroéconomiques, la consolidation des réserves de change et le renforcement de la crédibilité financière de la zone.
L’enjeu central reste désormais la mise en œuvre effective et coordonnée de ces décisions, dans un environnement marqué par une vigilance accrue des partenaires techniques et financiers. De la capacité des États à traduire ces engagements en actions concrètes dépendra, à moyen terme, la stabilité de la zone monétaire, la confiance des investisseurs et l’attractivité économique de la sous-région.
